Anxiété expliquée aux humains de 2016

Anxiété expliquée aux humains de 2016.

NOTE : revenez me lire si vous n’aimez pas les sujets sérieux là…

Mes textes sont habituellement accompagnés d’une petite touche d’humour et on dit que ma plume donne des images, comme si on y était… ? Je dirais tout de suite que si vous êtes hypocondriaque (je reviens sur ce mot en début cette fois-ci) ne lisez pas ou bien ne pensez pas que vous avec des problèmes d’anxiété si une ou deux phrases vous «parlent». J’ai comme un besoin de faire comprendre aux gens qu’en 2016, il serait temps de se mettre à date à propos des maladies mentales. Vous lisez quand même quelqu’un qui en a souffert, qui n’est pas à l’abri d’une rechute, alors… Faites-moi confiance, on vit sur Terre avec vous humains à la santé mentale «normale», héhé…

J’ai déjà écrit un peu sur le sujet sur Facebook. Un peu ici aussi. Des amis connaissent mon état, mon cheminement, mes expériences… Mais aujourd’hui, j’aimerais vous parler de mes problèmes d’anxiété sévère généralisée. Oh ! Je vais beaucoup mieux que ce que je vous écrirai. Mettons que c’est comme si je vous parlais de mon passé d’accord ? Ou de la vie d’une personne anxieuse en général. Peut-être que ça permettra à quelques personnes ayant ces troubles de mettre des mots sur ce qu’ils ont besoin de dire. Peut-être, je le souhaite, que ça fera comprendre aux personnes qui n’ont jamais souffert de ces troubles, de les comprendre et d’accepter qu’il y a des gens qui ne sont pas moins normaux qu’eux, qui sont juste différents à certains moments où l’anxiété est forte.

NOTE : c’est en lisant un texte sur Facebook, que j’ai décidé d’écrire ceci. Alors, là, on passe en mode… SI QUELQU’UN POUVAIT DIRE CE QU’IL N’A JAMAIS PU DIRE. Imaginons un être fictif, mais qui a vraiment des troubles d’anxiété…

«Quand tu fais de l’anxiété, il y a des choses que tu aurais voulu ou voudrais que les autres sachent. Alors si vous vous reconnaissez dans ce que je vous dis, pardonnez-moi pour le passé. Je ferai tout pour ne plus répéter. Maintenant que vous savez tous ce que je vis. Sachez que je suis passé à côté de bien des possibilités de plaisir, de bons moments… parce que je n’arrivais pas à trouver la poignée de porte !

  •  Si j’ai refusé de sortir avec toi ou d’aller partager une soirée chez toi, ne le prends pas personnel…
  •  Si j’ai refusé ou si je me suis cherché des excuses, ne pense pas que je voulais te mentir…
  •  Quand j’avais l’air de ne pas être là, j’étais peut-être dans ma tête à penser qu’il allait m’arriver quelque chose. J’avais parfois peur d’avoir peur…
  •  Si je t’ai déçu pour des choses que je n’ai pas réussi à faire, sois certain que la personne la plus déçue dans tout ça, c’est moi. J’ai toujours été la personne la plus dure avec moi : tu n’avais rien à voir dans tout ça…
  •  Si j’ai pu couper court à des discussions, à des soirées, à des moments intimes, j’avais besoin de me retrouver seul et l’angoisse me poussait à me «sauver»…
  •  Si je t’ai demandé de me donner du temps ou de l’espace, ne m’en veux pas et ne m’oublie pas non plus…
  •  Si je n’étais pas toujours complètement là, j’étais à observer ce qui se passait à l’intérieur de moi, à essayer de mettre la switch à OFF pour rester dans le moment présent, j’espère que tu ne t’es pas senti comme si tu n’existais pas…

Tsé, l’anxiété, ça existe. Fiez-vous sur moi. En 2016, y a encore des gens qui croient que les personnes qui souffrent de maladie mentale cherchent des bibittes, cherchent à faire pitié, dramatisent leur état. Pourtant, moi je vous le dis : je ne cherche qu’à être heureux et à ce que les gens autour de moi le soient aussi.

Il y a de grands bouts de ma vie où je vais super bien. Les médicaments m’aident à contrôler l’anxiété, l’angoisse, les crises panique… Mais je ne sais jamais quand tout ça peut revenir. Parfois, j’ai l’impression qu’au prochain coin de rue, il y a quelque chose qui m’attend et qui me fera me sentir mal. Ne me dis surtout pas que je suis bizarre et que je m’en fais pour rien, que tout va se placer si je me botte les fesses… Aime-moi comme je suis, juste ça m’aidera… ou sauve-toi si ça te fait peur.

Y a des moments dans ma vie où je me suis senti pris, pogné comme dans un étau : arrêté à un feu de circulation avec des autos tout le tour de moi, il m’est arrivé de vouloir sortir de mon auto, me garocher sur l’asphalte et crier au secours. Ça prenait tout mon p’tit change pour patienter 30 secondes. J’avais l’impression que j’allais sois perdre connaissance, soit devenir fou ou mourir. Ai-je l’air d’un extra-terrestre pour autant ?

Ce que tu vois de l’extérieur c’est bien moi. Mais moi, ce que je vois ou imagine voir quand je suis en crise, c’est pas réel, je le sais et j’ai beau me dire que ça va passer, j’ai quand même peur dans ces moments. Si tu es avec moi et que je ne me sens pas bien, à l’avenir je te le dirai et ton sourire enlèvera toute trace de peur, tout d’un coup. J’ai besoin d’aide parfois et je la demanderai. Ne me juge pas SVP !

J’ai évité plein de choses au cas où il m’arriverait de «piquer» une crise d’anxiété sévère ou de vivre de l’angoisse, j’en suis conscient et je ne veux plus que ça se passe. Plus il y aura de gens qui connaissent mon état, plus je serai à l’aise de dire quand ça ne va pas et ça passera facilement, si je ne suis pas jugé. Parce que quand je suis en état d’anxiété, j’ai l’impression que tout le monde le voit autour de moi. Pourtant ma physionomie ne change pas. S’il me poussait des boutons dans le visage tu le saurais qu’il se passe quelque chose. Si j’étais dans le plâtre, tu le saurais qu’il m’est arrivé quelque chose. Alors, si je te dis que je ne me sens pas bien, fais-moi confiance.

Je fais TOUT pour ne pas déranger autour de moi. De là, mon isolement, de temps en temps. MAIS je n’aime pas être isolé. Rappelle si j’ai l’air de me chercher des excuses, n’abandonne pas, tu m’aideras.»

 

ON REVIENT DANS LE MONDE PRÉSENT LÀ, YOUHOU ! 

Ça pourrait être beaucoup plus long et bien sûr n’étant pas un professionnel de la santé mentale, il se peut que des personnes anxieuses vous expliquent autrement leurs problèmes. Nous sommes tous différents, mais en gros, je peux vous dire que l’anxiété ressemble à ce que vous venez de lire et MOI, personnellement, si j’ai d’autres épisodes du genre et que vous faites partie de ma vie, mettez en pratique ce que la personne «fictive» vous a demandé de faire, et vous me ferez du bien, c’est certain.

Prenez soin de vous, personne n’est à l’abri et je ne vous souhaite pas des problèmes d’anxiété.

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Photos de Stefania Rossi, photographiste.

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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4 Commentaires

  1. Bon résumé pour traduire un vécu. Je n’aurais pas pu mieux dire. Ce n’est pas toujours évident de vivre ces états d’âmes.
    Bravo Daniel

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  2. Un mot; Ayoye!!
    Bon, ok. J’en rajouterai d’ autres simplement pour dire que si les personnes qui ont lu ce texte restent insensibles ou veulent bien continuer à faire comme si ça n’ existait pas, eh bien,,,qu’ils restent dans leur bulle d’ ignorance …de merde! Désolée, la tension me monte. Ce n’est pas l’ anxiété mais l’ émotivité….

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  3. Wow! C’est tellement bien expliqué… alors que dans ma tête c’est tellement plus compliqué… Merci beaucoup!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci beaucoup Priscillia ! Disons qu’il y a des années d’anxiété derrière tout ça. Si ça te «parle» j’en suis bien heureux. Bonne fin de semaine ! 🙂

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