Appelez la sécurité SVP !

Appelez la sécurité SVP !

Je ris tout seul. Je me regarde aller… Je n’ai pas de miroir devant moi, parce que c’est certain que je rirais tout le temps : face de clown qui fait rire les enfants, je les comprends. Non, c’est dans me tête que j’me regarde aller. Je tourne en rond depuis quelques heures, me disant qu’il faudrait bien que j’écrive quelque chose et quand je me sens obligé de faire quelque chose, je fais TOUT pour éviter de commencer par commencer… Insécurité ? Autre chose à me suggérer, vous qui me lisez ? Attendez quand même de savoir.

Je n’ai fait qu’ouvrir Microsoft Word et j’ai eu la frousse. Ah, pas la peur de ma vie quand même, mais bon. Ouvrir le truc et voir une page blanche apparaître, je prends aussitôt sa couleur. Mais blanc, est-ce une couleur ? Je me pose trop de questions peut-être ? Là, je tape sur le clavier, ne sachant même pas où je m’en vais… Il va y avoir quelque chose qui va faire que mes doigts fabriqueront des mots, que j’me dis.

Cette habitude de tourner en rond pour éviter de faire ce que je dois faire, c’est pas nouveau pour moi. Quand j’ai à monter un site web, mettons ; je fais la vaisselle, je fais le ménage, je fais du lavage, je lave les planchers, les salles de bain… Si j’avais plein de sites à monter, la maison dans laquelle j’habite serait la plus propre au monde, c’est certain. Comme je n’ai pas que des sites à monter, je ne serais pas gêné que vous arriviez chez moi à n’importe quelle heure, je confirme. Appelez avant, au cas. Enwoye, déguédine…

Si je remonte dans mes souvenirs… Quand je suis devenu assez vieux pour avoir une blonde, je prenais le téléphone et je signalais son numéro, mais pas tout de suite au complet. Je m’arrêtais souvent avant le dernier chiffre et je raccrochais. Là, je me demandais des choses du genre : « SI… je dis ça et qu’elle répond ceci, qu’est-ce que je dis ensuite ? » Et puis, le cœur cognant bien fort dans ma poitrine, je reprenais le combiné téléphonique dans ma main et je recomposais (il n’y avait pas de touche «recomposer» dans mon temps). Après avoir fait quelques chiffres, j’appuyais sur le raccrocheur, un gros bouton qui coupait la ligne. Scène 1 prise 2… Scène 1 prise 3… 4-5-6-7-8-9-10… « SI… » Avant de réussir à composer le numéro au complet, j’avais déjà des ampoules qui poussaient sur le bord de mon index. (vous avez connu les téléphones à roulette ?). Patient (!) je changeais d’index et… Bon, vous voyez le tableau ? Un genre de Picasso, l’anxiété au cube. Pourtant, quand je réussissais à lui parler, ça ne finissait plus : « OK, raccroche !», « Non, toi... » « Hihi... Toi ! » ... Les mots venaient si facilement. 

Autre période de ma vie. En appartement, dans une période où mes affaires n’allaient pas très bien. J’habitais au-dessus du propriétaire. Un certain premier du mois, je n’avais pas les sous au complet pour aller lui payer mon dû. Pendant 3-4 jours, j’ai tourné en rond (me semble que j’ai déjà lu ça quelque part). Quand je revenais le soir et que je voyais de la lumière en bas, chez le proprio, je passais tout droit devant la maison et j’allais me promener et je revenais sur mes pas. Jusqu’à ce que sa lumière soit éteinte. Je trouvais qu’il veillait tard, celui-là. Et là, seulement là, quand c’était sombre dans le logement du bas, j’entrais dans la cour, en éteignant mes phares, en faisant taire le moteur, laissant mon air d’aller me donner l’élan jusqu’à mon stationnement. Et je montais les marches avec mes chaussures dans les mains, comme le gars qui rentre tard dans les sketches, pour pas que sa femme lui donne un coup de rouleau à pâte. (Image passée date, je sais.) Bon, il m’arrive d’exagérer, si peu…

Tôt ou tard, il réussit à me joindre et à me demander quand je pourrais lui payer le loyer. Après lui avoir demandé s’il pouvait attendre une semaine, il me dit : « Pas de problème Dan, fais-moi signe quand tu pourras ». Et là, la gueule à terre, les bras tombants, je me tapais sur la tête (image) en me traitant d’imbécile, en me disant que j’aurais pratiquement pu le payer avant, avec toute l’essence dépensée pour éviter d’arriver face à face avec lui…

Tsé, quand on dit : « ne jamais remettre à autrui ce qu’on peut faire ensemble ». Je l’ai compris, je pense. Je vous ai donné seulement deux petits exemples, mais je pourrais vous remplir des pages de ce genre de comportement que j’avais. Comme de la peur, genre, style, comme… 

Le jour où je suis tombé sur cette phrase : « tout ce que tu fuis te poursuit, ce à quoi tu fais face, s’efface ». J’ai commencé à arrêter de me torturer avec les : SI… J’ai même écrit un petit mot que j’ai affiché sur mon Frigidaire (je sais écrire réfrigérateur). Ce mot est sur mon garde-manger depuis au moins un an : TOUT EST TOUJOURS PLUS SIMPLE QUE TOUT CE QUE NOUS AVONS PU NOUS IMAGINER. LES SUPPOSITIONS NOUS EMBÊTENT PLUS QUE LES CONFIRMATIONS. Un p’tit bonhomme sourire en dessous.

Non, mais c’est simple, me semble. Si t’as une question à poser à quelqu’un, appelle-le, pose-la ta question. Le pire qu’il peut répondre, c’est : oui ou non ! Arrête de te dire : « Ouais, mais SI jamais… » Si tu as quelque chose à régler, bouge, agis, arrête de te poser des questions. Cherche pas de 9 à 5 quand tu as un téléphone à faire à 4 heures du matin ! (Je suis encore dans ma tête là). On dirait que j’suis en train de me choquer, hahaha… Mais j'allume, de plus en plus, en vieillissant. 

Avant d’écrire ce texte, j’ai allumé la télé, j’ai « tourné » tous les postes sans voir quelque chose qui m’intéressait. J’ai regardé dehors, plusieurs fois, et le fleuve n’a pas changé son lit de place. Il coule toujours dans le même sens aussi. J’ai ouvert la porte de mon électroménager qui garde les choses au froid, quelques fois, cherchant quelque chose que je pourrais manger : je n’ai même pas faim… MAIS, et c’est là que tout se passe : je suis tombé face à face avec mon post-it, celui que je viens de vous décrire en grosses lettres. Et je suis venu m’asseoir devant mon portable. Et puis : Démarrer/Tous les programmes/Microsoft/Word… un chemin que je connais depuis des siècles et des siècles, amen !

Non, mais… faut croire que je n’ai pas vraiment compris tout ce que je pense avoir compris… Une chose est sûre : tantôt quand j’irai me coucher, je dormirai bien et vite. Parce que lorsque je fais ce que j’ai à faire, je me sens tellement bien. Mais quand je remets à plus tard, je suis insatisfait et je m’en veux. Suis-je seul à être comme ça ?

Voilà, c’est comme ça que j’écris spontanément. J’espère que c’est correct pour vous, parce que SI….

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Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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2 Commentaires

  1. Salut toi, là tu m’as eu car je me suis tellement reconnu que j’ai même pensé que c’était de moi qu’il était question. Ah! non, pas vrai, je dormais et tu es rentré dans ma tête, t’as pas fait ça… Non sans Joke, je suis encore un peu comme ça mais moins qu’avant, l’âge m’a murit, Est-ce que ça se dit, peut-être pas, si….
    Bonne journée Pépé

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Haha… Je suis content quand la personne se reconnaît, car c’est un peu le but de certains de mes textes. Démontrer qu’on a tous un peu les mêmes « bibittes » et c’est parfois rassurant de se rendre compte qu’on est pas seul au monde. Join the club comme certains diraient.

      Pour le « l’âge m’a murit », je n’enseigne plus, mais je dirais plutôt « j’ai mûri avec l’âge ou l’âge m’a fait mûrir ». Sans avoir vérifié… Quoique l’on peut dire « j’ai mûri » et j’ai fait mûrir un fruit, alors… Tellement de façons d’écrire le français.

      Là-dessus, dors bien ce soir. 😉

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