Auto-saboteur de bonheur

Auto-saboteur de Bonheur

Ça vous dit quelque chose ? Vous vous voyez comme ça ? Vous avez ce genre de pattern qui fait que VOUS seul êtes capables de vous mettre dans une position de rejet ? Vous n’êtes jamais satisfait de ce que vous réussissez ?

Vous en faites plus que le client en demande et ça ne comble jamais votre appétit, même si on vous félicite ? Vous avec l’impression que vous auriez pu en faire plus, SI vous y aviez mis plus de temps ? Vous fonctionnez à la dernière minute ?

Bienvenue dans mon univers. 

Disons que j’ai été élevé dans une famille où le père était un athlète pour qui je vouais une grande admiration. Je suis devenu un athlète à mon tour, à mon niveau. J’aurais tellement voulu que mon père me dise, un jour, qu’il était fier de voir ce que je faisais. Qu’il me donne une tape dans le dos, qu’il me passe la main dans les cheveux en me souriant et en me disant que j’étais bon, juste comme ça… RIEN n’est de la faute à mon père, en passant… MES attentes ! Me sentais comme un rejet…

Je n’ai donc jamais reçu ce que j’attendais (du mot ATTENTE), et j’ai passé ma vie à trouver ma valeur à travers le regard des autres. Et j’en ai eu aux yeux des autres ; parce que j’ai reçu des trophées dans le monde du sport… Parce que j’ai reçu des applaudissements quand je faisais des spectacles. Mais ça n’a jamais été suffisant parce que je ne croyais pas que je les méritais. Et tout me semblait éphémère, je ne me permettais pas de ramasser les petits bonheurs semés sur mon chemin, un à un. J’en voulais un GROS qui n’arriverait jamais. Et je m’isolais, parce que ça me rendait triste et quand j’étais triste je n’étais pas présentable. MON problème. Rejet…

J’ai presque 58 ans, j’en n’aurai plus jamais 25, ni 30, ni même 56. Je me rends compte que je suis dans la catégorie des petits messieurs que je considérais tels quels quand j’en avais 25. Je suis un petit monsieur aux yeux des jeunes de 25 ans. Même si dans ma tête et dans mon cœur je ne suis pas si âgé, mon corps me le fait sentir tôt ou tard… Et quand j’ai l’impression qu’on me voit comme un petit monsieur, il y a de la tristesse et de la colère qui n’est jamais bien loin. Et je m’isole encore, me rejette en dehors comme en dedans… Rejet…

Perdus un peu ? Bon…

Mettons que pour prouver que j’étais capable de tout faire et de tout réussir, j’en prenais beaucoup sur mes épaules. Je mettais la barre haute, trop haute pour que je puisse la franchir avec cette lourdeur. Performer, toujours plus. Et en vieillissant, le peak ayant été atteint, je ne comprenais pas qu’il me fallait y aller à mon rythme, à mon niveau. Incapable d’accepter que j’échoue en essayant de frapper encore la balle de golf à 300 verges, la balle de baseball encore à 300 pieds, la rondelle de hockey encore à… 85 milles à l’heure. Bref, passer des «majeures» aux «mineures», c’est acceptable quand on comprend que de jouer, c’est JOUER, et jouer c’est s’amuser… Je ne fais que changer de ligue quoi.

Je commence à réaliser qu’il faut que je fasse le deuil que je n’aurai plus jamais les mêmes capacités et que j’arrête de m’isoler quand je ne vais pas bien. Ceux qui comptent pour moi seront là aussi quand je vais moins bien. La vie n’est pas une compétition.

Dès aujourd’hui, je respecterai mes limites de petit monsieur et je ne prendrai que ce que je suis capable de faire… Je m’arrêterai ici et je laisserai quiconque le lire, sachant que j’écris pour moi, sinon ? Je rechercherais à être performant et je risquerais alors de fermer le blog à jamais. Je me priverais de ce besoin de me parler à travers les mots que j’écris. En bon auto-saboteur de bonheur que je fus ! Que je fuis…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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8 Commentaires

  1. Encore un beau texte, merci Daniel.
    J’ai moi aussi un saboteur comme beaucoup d’entre nous. Le-mien il est un peu comme hercule, il est fort-fort. Il a souvent réussi à saboter ma vie, me faire fuir un possible bonheur, tout ça probablement parce qu’il avait peur et voulait me protéger. Me protéger de l’Amour car lui se souvenait que dans ma tête d’enfant l’Amour était synonyme de violence.
    Il fallait continuellement en faire, comme toi Daniel, plus que le client en demande, tout pour être aimé mais ça n’était jamais assez car il ne croyait pas qu’on puisse l’aimer juste pour lui. Il a pratiquement toujours mené ma barque et m’a souvent emporté dans des eaux troubles.
    Quand je regarde en arrière, ma vie n’a pas été de tout repos avec celui-là.
    Aujourd’hui avec l’expérience, la maturité je réussi à le mettre à sa place, en arrière et en spectateur non en acteur. Mais comme j’ai dit il est fort car il réussit à sortir de son siège de spectateur et à enfiler un costume d‘acteur et là il est en action. Je ne le reconnais pas toujours au début mais quand je le reconnais je le retourne au rang de spectateur.
    Je suis à l’automne de ma vie, le printemps et l’été sont derrière moi; mais je vois qu’il me reste de belles journées chaudes remplies de soleil et tout plein de bons moments avec des amis ou même avec moi-même. Mais oui la personne la plus importante de ma vie c’est moi, car c’est avec lui je suis obligé de vivre. Je veux être bien avec ce bonhomme au grand cœur et que je trouve bon.
    Le saboteur y’a besoin de se tenir tranquille car j’ai décidé que je prenais ma place au soleil.
    Merci Daniel pour ton texte, il me rappelle comment j’ai travaillé fort pour arriver à avoir un contrôle sur ce Saboteur, je m’en suis fait presqu’un ami….

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Wow Pépé ! Tu le décris super bien ton auto-saboteur. Tu sais le reconnaître, le remettre à sa place. J’aime bien ton message, merci encore d’être ici. 🙂

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  2. Belle réflexion. Je mettrai ta conclusion en pratique car je m’apercois que je suis rendu dans la catégorie des « petits monsieurs » et que le corps, parfois ,ne peut plus suivre l’esprit .Mais je me réconforte en m’apercevant qu’il y a de bonnes choses qui viennent avec l’âge comme d’apprècier les petits bonheurs que la vie mets sur notre chemin. Merci pour ce texte et bonne journée 😎

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Doc ! Ouais, la conclusion est plus importante que le reste. Finir par s’accepter tel qu’on est et être prêt à ramasser ses petits bonheurs, y en a plein. Je t’en souhaite un gros. Merci d’être passé ici, bonne journée à toi aussi. 🙂

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  3. Le mien je l’appelle le syndrome de l’imposteur, je ne mérite rien parce que je suis un (e) imposteur quoi que je fasse, pas mal pareil a toi (pour l’isolement aussi, sauvage pas mal la Manon…)………….mais je me soigne a ma facon, je dis maintenant, « j’ai vecue geler, je vais mourir straight ». xxx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Syndrome de l’imposteur oui… Je pense qu’en étant straight, on a plus de chances de le désarmer cet imposteur. C’est ce que je te souhaite, être en paix sans rien ni personne pour te mettre des bâtons dans les roues, même pas TOI ! 🙂 xx Merci Manon

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  4. Umm, j’adore encore une fois l’approche que tu fais face à la performance dans l’oublie de soi… Difficile de se respecter par contre, un jour quand ce pas est franchis impossible de revenir en arrière… un gros merci Dan, ce texte m’a allumé des lumières

    Un fan de ton approche avec les mots

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci mon ami ! Tu me donnes un beau feedback en quelques mots. 🙂

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