Bonne fête, Amour de ma vie !

Bonne Fête Amour de ma vie !

Ce texte a été écrit l’année dernière. Du vécu... Un an plus tard, je ne peux changer l'histoire, mais mon Amour pour cette jeune femme et son fils ne cessera jamais, im-pos-si-ble ! 

6 h 51… Le matin du 3 juillet 2014… Ça fait 36 minutes que je tourne en rond dans mon lit. Je regarde le plafond, je regarde mon chien qui dort à côté de ma blonde, qui, elle, dort à poings fermés. Je le sais parce que sa main droite est entourée autour de mon poignet gauche, comme si elle voulait s’assurer que je suis bien là, comme si ça la rassurait que je sois là… Mon chien dort avec nous ? Ouais, mais elle (Kanelle) pèse 7 livres parce qu’un mélange de bichon et de caniche, ce n’est jamais gros. Parce qu’un caniche tout court, je n’aime pas ça. J’aime les chiens mais je suis un peu allergique aux poils et un caniche-bichon-maltais n’est pas poilu : cheveux de laine, genre… Intro pour justifier qu’un chien que j’adore est un caniche, mais pas pur ok ? Je l’adore mon chien, mais le mot caniche me fait peur, pas la race là, mais… Bon bon, j’suis un homme quand même ! Héhé…

Bon, c’est comme ça que je commence, ça risque d’être long, mais je n’ai pas le choix que je me dis parce que ce matin, je me suis réveillé à 6 h 15 PILE, les yeux grands ouverts, sans réveil-matin pour me dire d’aller jouer au golf ou d’aller travailler. Je ne travaille plus, pis le golf est à midi… Et c’est le genre d’affaire qui me fait écrire, c’est comme ça que je fonctionne…

Donc, à 6 heures 15 ce matin, 3 juillet 2014, tantôt, je regardais ma chambre ; je voyais le beau soleil dehors et je repensais au spectacle qu’on a donné à Waterloo hier soir dehors, devant des gens qui ont semblé aimer. J’ai dormi à peine 4 heures, l’adrénaline me fait toujours ça après un show, elle m’empêche de dormir. Mais quand je tombe dans les bras de l’Amorphée, je dors ! Mais ce matin, inhabituel de me réveiller si tôt…

Je me sens bien et vers 6 h 20, une drôle de crampe au ventre m’a pris d’assaut. Elle ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est frayée un chemin ; partant du ventre où elle est née, passant par mon cœur pour le faire battre comme quand on tombe en amour, pour finalement grimper dans mon cerveau, qui lui, ordonna à mes yeux de faire couler des larmes salées et chaudes sur mes joues… Drôle de crampe je vous disais ? D’habitude j’ai peur de pleurer parce que ça m’a fait plus de mal que de bien d’être dans cet état. Mais ce matin, comme quelques fois dernièrement, j’ai laissé ces larmes faire leur chemin sans rien craindre et j’ai écouté mon cœur qui m’a remémoré un événement historique, magique, que dis-je : UNIQUE. Triste et beau à la fois…

Le 3 juillet 1992, à 6 h 15 précises, je m’en souviens parce que ma blonde, dans l’temps, me serrait fort les poignets parce qu’elle avait le ventre gros qui lui faisait mal. Elle aurait voulu que je la rassure. C’est une manie ce serrage de poignets chez les femmes ?  

Nous étions debout devant la porte de sortie (on n’entrait pas cette journée-là), nous regardant dans les yeux, devant son frère et une amie infirmière qui étaient venus traiter l’urgence « imprévue »… J’étais croche, me sentant inutile, mais ça n’allait quand même pas m’empêcher d’aller faire un spectacle au Nouveau-Brunswick (!). Je partais vers Laval, rejoindre ma troupe (on partait de là et j’habitais Mont St-Hilaire) et elle et son mal de ventre s’en allaient vers St-Hyacinthe, vers l’hôpital. Des routes opposées. Parce que son ventre ne cessait d’enfler, de bouger, de demander pratiquement qu’on l’ouvre…

Vers 9 h 00, j’étais maintenant sur la 20 à la hauteur de St-Hyacinthe et je voyais l’hôpital du bord de la route. Celui où ma blonde était en train de se faire « ausculter ». Mes yeux étaient grands, ma vision troublée et mon cœur trempait dans la boue ; j’aurais voulu dire aux gens autour de moi de me laisser là parce qu’il allait sûrement se passer quelque chose avec ma blonde. Un ventre si gros et qui bouge autant, ne devrait pas me tenir loin de ma blonde, même si je savais que les gens de l’hôpital s’en occuperaient 100 fois mieux que moi…

Vers 11 h 50, me semble… toujours sur le bord de la 20, nous nous arrêtâmes… Parce qu’en 1992, j’avais une pagette et qu’elle venait de sonner, les chiffres m’indiquant que je devais appeler à l’hôpital. J’étais dans une boîte téléphonique, sortie Manseau-Les Becquets. 9 personnes entouraient celle-ci, comme pour la protéger de quiconque aurait voulu prendre ma place… N’y a que moi qui pouvais utiliser ce téléphone à ce moment précis. L’amie infirmière me dit que Lucie voulait me parler, elle souhaitait me dire elle-même ce qui s’était passé, malgré qu’ils lui avaient ouvert l’abdomen pour la libérer de ses maux. J’entendis une voix faible : « …c’est une petite fille…» et l’infirmière est revenue me dire que Lucie devait se reposer. Je sortis de la cabine téléphonique et le silence et 9 personnes, maintenant autour de moi, m’attendaient impatiemment. « Pis, pis…? » Je leur dis que j’étais le père d’une petite fille.

Et là, j’ai les yeux pleins d’eau. Pas dans l’histoire que j’écris… Là, pendant que je vous l’écris. Parce que dans l’histoire vécue que je vous raconte, je ne me souviens même pas de mon état. Comateux sûrement et en même temps le silence s’était transformé en fête. Sur moi : des pissenlits, des petites fleurs des champs, du seven-up bien brassé comme pour faire du champagne. Et des câlins, des félicitations, des cris de joie, des yeux dans l’eau qu’il devait y avoir. Vagues souvenirs, dans une bulle de lune que je devais être…

Le 3 juillet 1992, Claude Lapierre voyait le jour et son père n’était pas là, tout près d’elle. Il était en route pour le Nouveau-Brunswick, question d’aller faire un show le 4… Et il ne serait de retour que le 6 au matin (2 h 30) pour voir sa fille pour la première fois et la mère qui avait travaillé fort. J’étais ce père qui allait être le dernier à voir sa propre fille… Écourant n’est-ce pas ?

Je me suis pardonné bien des fois depuis, me sentant coupable. Mais j’étais « irremplaçable » au sein de ce groupe, que je me disais. Et l’accouchement a été plus tardif qu’ils avaient prévu (les médecins). On ne remplace pas un claviériste-chanteur d’un groupe de 10 personnes à pied levé, l’avant-veille d’un show. C’était mon excuse en tout cas et elle tient toujours.

BON ! Claude, toi ma fille que j’aime plus que l’Univers entier. Toi qui ne sauras JAMAIS à quel point je t’aime, je ne saurais expliquer en mots cet amour inconditionnel (ça c’est quelque chose qui s’écrit) que j’ai pour Toi. Claude Lapierre (fierté d’écrire ce nom), tu as 22 ans aujourd’hui, wouhou ! Un mal de ventre m’a réveillé à 6 h 15 PILE, je me demandais pourquoi… Il n’y a qu’une explication : je donnerais cher pour retourner 22 ans en arrière et prendre la porte d’entrée de l’hôpital aux côtés de ta mère pour te voir arriver parmi nous en état de siège. Mais, la vie a fait autrement et je ne peux que la remercier cette maudite vie que j’aime parce que TU es là, tu as tous tes membres, tu as le sourire le plus beau de la planète, tu as une intelligence surnaturelle, une imagination fertile, de la créativité plein la boîte crânienne… Tu es belle comme pas deux, c’est sûr TU es Unique !

Claude, j’aime ton prénom, je l’ai choisi… Ta mère a un grand cœur de m’avoir laissé choisir. Parce que moi, si j’avais accouché ce jour-là et que ma blonde avait été sur la route pour un show, je ne suis même pas certain que tu aurais porté son nom de famille… Haha… Je ris et c’est correct j’en suis sûr. Parce qu’on a une belle complicité, une belle relation, que tu es capable de comprendre tellement de choses. Mon inspiration s’arrête ici (celle de ce texte qui a coulé tout seul). Mais sache que depuis que tu es mère et que je suis grand-père, je vois tout ce que tu fais pour Monsieur Vous et je te trouve merveilleuse pour une maman qui n’avait pas son père le jour de sa naissance… Je t’aime TELLEMENT Claude Lapierre, bonne fête aujourd’hui, 3 juillet 2014, 22 ans plus tard. Il n’ya a pas de hasard dans la vie, que je dis. Ce mal de ventre qui m’a réveillé, il y a une bonne heure, n’avait rien d’un mal de ventre ordinaire… Je serai TOUJOURS là pour toi mon Amour. Je t’aime, je t’adore, tu es « l’enfant » le plus extraordinaire qu’un père puisse souhaiter avoir auprès de lui. Je te souhaite bonne route, je suis fier d’être sur celle-ci Claude. XXX

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Photo du haut ; Stefania Rossi, photographiste.

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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