C’est à cause que…

C’est à cause que…

Jamais, jamais ça ne nous arriverait…

On est tellement parfaits !

On vient de passer la journée «cause pour la cause», tellement médiatisée par Bell. À coups de 5 sous par textos, tweets, appels etc… ils ont amassé au-dessus de 6 580 000$ pour la santé mentale. En une journée, c’est bien. L’élément déclencheur pour moi, qui me donne envie d’écrire.

Il se trouve quand même des gens qui vont voir là une déduction d’impôts pour la compagnie et une grosse pub en même temps. Ces gens ne sont sûrement pas atteints de maladie mentale car ils auraient plutôt remercié, peu importe le commanditaire. Je ne partirai pas de débat là-dessus… Je trouve juste qu’il y aura toujours des personnes qui cherchent la petite bibitte qui leur donnera le droit de chialer. Si ça leur fait du bien, tant mieux pour eux.

Personnellement, je pense plutôt aux personnes qui ont choisi cette journée pour texter plus souvent que d’habitude. Qui ont twitté ou téléphoné, en ayant bien en tête que leur geste aiderait des milliers (voire millions ?) de gens qui souffrent souvent en silence, pour ne pas déranger les voisins, les amis, la famille, les confrères et consœurs de travail… Je remercie qu’il y ait encore de ce genre de monde dans ce monde. Parce que même si adolescent, je me croyais invincible, je suis atteint d’un certain trouble de la personnalité et j’aimerais tant ne pas avoir à prendre des médicaments pour arrêter d’avoir des «peurs irraisonnées»… J’ai été aidé par une équipe : psychiatre, psychologue et médecin que je ne remercierai jamais assez, je vais quand même bien !

Jamais, jamais ça ne nous arriverait…

On est tellement parfaits !

2017 et de plus en plus de personnes réussissent, souvent de peine et de misère, à passer à travers leurs journées parce qu’elles sont médicamentées, parce qu’elles sont suivies, parce qu’on les aide. Souhaitons que les inatteignables ne donnent pas de jambettes à ceux et celles qui peuvent tomber à rien. C’est fragile un «malade mental» ! C’était la pire insulte qu’on pouvait faire à quelqu’un quand j’étais enfant, ado. En tout cas, c’était de même dans ma p’tite ville de 5 000 habitants. Parce qu’on les voyait très bien ceux qui étaient atteints de ces troubles du cerveau, jadis. Ils n’étaient pas légion et on les distinguait facilement à voir leurs comportements. Et si on en voyait que quelques-uns, c’est que d’autres étaient enfermés ou hospitalisés sur un étage, souvent le quatrième, d’un édifice où les malades en tous genres vont pour se faire soigner.

De nos jours, les gens atteints d’une maladie mentale quelconque sont de plus en plus nombreux et ne sont pas en institution, à moins que ce soit VRAIMENT grave. Alors, les rues grouillent d’anxieux, d’angoissés, d’agoraphobes, de troublés obsessifs compulsifs, de paranoïaques, de «borderline», de bipolaires…  Qui ne prennent pas tous des médicaments, qui ne savent pas tous ce qui leur arrive quand ils ont l’impression qu’ils portent un bandeau trop serré autour de la tête. Quand ils s’imaginent en train de faire une crise cardiaque tellement ils sentent un bloc de glace à la place de leur cœur. Des gens, qui lorsqu’ils sont entourés d’autres personnes, ont le regard perdu parce qu’ils sont dans leur tête à s’imaginer le pire, pendant que tout va bien…

Les SDF (sans domicile fixe) ne sont pas nés ainsi. Plusieurs se sont retrouvés à la rue parce que le «système» a eu leur peau. Ils ne fittaient pas dans la société telle qu’elle est. On serait surpris de connaître le passé de ces «pauvres» qui ne quêtent pas tous. Sans oublier les êtres humains qui vivent retirés, isolés du monde, qui sortent peu, qui s’enferment, emmurés…

Le «cause pour la cause» m’aura fait réfléchir sur ma propre condition. Sur celle de plusieurs personnes que je connais et qui réussissent à «fonctionner» parce qu’elles sont médicamentées ou suivies en psychiatrie.

J’espère qu’il y aura plus de personnes qui comprendront que la santé mentale peut se dérégler sans avertissement, suite à un traumatisme causé par une séparation, par des problèmes financiers, par le jugement que les autres portent sur certains, certaines, par de multiples autres causes. J’espère aussi qu’on comprendra que ce n’est pas tout le monde qui a un taux de dopamine, de sérotonine, de mélatonine… suffisant…

 Jamais, jamais ça ne nous arriverait…

On est tellement parfaits !

Tant mieux… Tant pis…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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1 Commentaire

  1. Merci Daniel pour cette belle réflexion dure réalité d’aujourd’hui

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