Cinq fois plutôt qu’une

Cinq fois plutôt qu’une

Le rêve de tout golfeur ? Un trou d’un coup bien sûr.

Asbestos, été 1978. J’avais 19 ans. J’étais avec deux de mes amis et on avait placé un monsieur, homme d’affaires sérieux, avec nous trois. Avant de jouer, notre trio de jeunes adultes avait fumé du «tabac de musicien». Nous étions donc joyeux et allumés pour aller nous exécuter sur ce beau terrain, un de mes préférés parmi tous ceux que j’ai joués.

Trou numéro 8, par 3 de 164 verges. J’ai un fer 8 en mains. Je m’installe sur le tertre de départ : il fait beau ce matin. Je sens encore l’odeur du gazon frais coupé. Je plante mon tee de bois avec une belle petite balle blanche sur le dessus. J’effectue mon élan et je «rentre» dans la balle. Elle ne lève pas beaucoup et elle se dirige vers la gauche du vert. Ce n’est pas le plus beau coup que j’ai frappé dans ma vie. Je dis tout haut : «F***, je vais défoncer». La balle se met à virer vers la droite, une «slice» prononcée. Ma balle ne doit pas avoir levé plus que dix pieds dans les airs, un genre de coup manqué. Puis elle se met à descendre tout en continuant sa route en direction de la tige de métal qui est plantée dans le trou et «Paf» elle frappe celle-ci et descend d’un coup sec dans le trou… «Hole in one»…

Mes deux amis me sautent dessus et on rit de toutes nos forces, dérangeant peut-être des joueurs qui sont sur les trous qui côtoient le 8. Et on crie, on rit, je me jette à genoux. Y a pas un coup que je retiens plus que celui-là, c’est incroyable le feeling qu’on peut ressentir.

Nous jouons le 9ème trou, riant toujours comme des fous, gelés comme nous sommes, tout est amplifié. Le monsieur a souri quelque peu, étant surpris de voir un trou d’un coup, mais il n’a pas l’air de se rendre compte que nous sommes sur une autre planète que la sienne… Même que là, vingt minutes plus tard, il semble en avoir assez et il nous regarde en voulant dire : «Ouais, revenez-en les gars…» Ha haha ! Pas question…

Je ne me souviens même pas du score que j’ai pu jouer cette journée-là, probablement que je n’ai rien fait d’autre de remarquable. Tout ça s’est passé le temps de le dire (beaucoup plus long à le décrire)…

J’ai été très chanceux ce jour de l’été 1978. Ce ne sont pas tous les joueurs qui réussissent ce genre d’exploit. La chance doit être de mon bord, parce que j’ai vu quatre autres trous d’un coup dans mes 50 ans de «carrière» de golfeur (je fête ça cette année). Eh oui ! J’ai vu mon frère Jean-Marc réussir l’exploit au trou numéro 1 à Windsor. Dans les dernières années d’existence de ce terrain, c’était le trou numéro 8. Une normale 3 de 156 verges, dans mes souvenirs. Son trou d’un coup était assez spécial, parce que nous jouions au printemps et que les drapeaux n’avaient pas encore été installés sur les verts. Sa balle était tombée devant le vert et elle avait roulé quelques pieds avant de disparaître au fond de la coupe. Impressionnant. Vous allez me dire qu’il ne savait même pas où se trouvait le trou, j’en conviens. Mais à la grandeur des verts sur le petit terrain de ma ville natale, il visait le centre…

Quelques années plus tard, c’est mon cousin, Denis Lapierre que je voyais réussir l’exploit à ce même numéro 1 à Windsor. Je ne jouais pas avec lui, mais je venais de finir de jouer le deuxième trou et je m’étais arrêté pour le voir frapper, je ne l’avais jamais vu au golf. Sa balle a atterri sur le vert pour se déposer rapidement dans le trou, après avoir frappé «la pine».

J’ai vu mon père caller un trou d’un coup sur l’ancien numéro 4, toujours à Windsor. La balle n’avait fait qu’un seul bond avant de pénétrer dans la «cup».

Puis, il y a 7-8 ans de cela, lors d’un tournoi formule Vegas, avec les employés de l’école secondaire de Longueuil où j’enseignais, j’étais jumelé à un gars de l’entretien, qui avait joué une dizaine de fois dans sa vie. Nous étions à St-Jean-sur-le-Richelieu, au club Vallée des Forts, sur le trou numéro 15. Il a frappé un crochet de droite à gauche et sa balle est montée sur le vert et comme au ralenti, nous l’avons vu rouler vers le drapeau et elle a disparu doucement, sans faire de bruit. On criait : «oui, oui… oui… OUIIIIIIIII», tellement on a eu le temps de tout voir se produire. Il est tombé à genoux et nous nous sommes lancés sur lui comme des joueurs de hockey qui auraient remporté la Coupe Stanley en supplémentaire lors du septième match de la finale ; belle «empilade», comme on dirait !

Voilà, j’ai fait un trou d’un coup et j’ai été témoin de quatre autres, c’est assez chanceux je dirais.

Alors, si vous voulez avoir la chance de faire un trou d’un coup un jour, venez donc jouer avec moi, la possibilité sera plus grande, ha haha !

Bon golf, bon été…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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4 Commentaires

  1. Wow! Chanceux mon ami. Comme d’habitude plaisant à lire.tes textes mais je te le dis et le répète je suis jaloux de ton écriture. Loll!
    Continue à jouer du golf sans oublier,écrire. Bon été mon AMI.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Hahaha… T’as pas à être jaloux Ronny. Tu écris bien ! Merci d’être là à chacun de mes textes, tes commentaires me font du bien. 🙂

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  2. Tres peux on la chance de faire cette explore Bravo ces quelque chose de beau dans les memoire quand on a des mechantes journee merci de partage,tu a une belle maniere d’ecrire des facts ou une histories un plaisir a lire

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci beaucoup d’être passé me lire André ! C’est vrai que quand ça va moins bien, on peut se rappeler de ces bons coups. 🙂

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