Comme d’habitude

Comme d’habitude

J’avais un show hier, à Cowansville. Un Pub où l’on mange bien, souper-spectacle. Sold out ! 85 personnes qui se sont déplacées pour venir nous voir et nous entendre jouer du blues et du classic rock.

Plus les jours avançaient et moins j’avais envie d’y aller. Je souhaitais la tempête du siècle, j’aurais presque eu envie de me casser un doigt au lieu d’aller me casser la voix. C’est souvent comme ça avec moi, avant que j’aille me produire musicalement. Comme une peur de ne pas être à la hauteur, mais aussi parce que la soirée demande des heures de préparation et je suis un peu «lâche»… Je vous donne les détails de ma routine…  

La soirée d’avant, je monte le pacing du show : mettre en ordre les tounes que nous allons faire. En tenant compte de ma voix, des changements de guitare ou de basse et surtout pour que ça «lève», qu’il n’y ait pas de chansons qui vont venir mettre un down dans la foule. Ça peut parfois me prendre une heure ou deux. Ensuite, j’imprime les deux sets pour les musiciens et je prépare mes paroles dans l’ordre où nous jouerons nos tounes. Eh oui ! J’ai toujours mes paroles tout près de mon clavier, question de me sécuriser. Parce que je les connais les paroles, je les ai chantées des dizaines de fois. Je n’ai pas de lutrin quand même, mais les feuilles sont sur mon rackmount (là où mes modules de son se retrouvent), à ma gauche. J’y jette parfois un œil rapidement quand j’ai l’impression que je ne me souviendrai pas de ce que j’ai à chanter.

Je démonte mes claviers qui étaient bien installés dans mon salon et je mets le tout sur le bord de la porte, pour m’éviter de le faire en me levant. C’est comme ça que je fonctionne. Démontage qui me prend une bonne petite demi-heure : un clavier, deux trépieds (un pour le clavier et un pour le rackmount que j’installerai à ma gauche, au risque de me répéter). Une vieille valise en peau de crocodile que j’ai dégotée chez un ami. Je n’ai jamais demandé à ce qu’on tue un animal pour en faire un objet, mais elle est belle ma valise je trouve, point. Dans celle-ci, il y a mon fil de micro, celui-ci, des fils pour brancher le clavier et les modules de sons. Des harmonicas dans à peu près toutes les tonalités, on fait du blues et je suis capable de souffler et de tirer dans ces petits instruments au son qui fitte avec le genre de musique que nous faisons… Du ruban plastique pour enrouler mes fils après la soirée, mon livre avec les paroles dedans, des ground lifts au cas où il y aurait des parasites dans l’électricité… Mon pied de micro. Je m’assure qu’il ne me manquera rien quand je serai rendu là où on se produit.

Le jour du show, je me lave, hahaha… Les autres jours aussi, mais là c’est le lavage spécial-spectacle. J’essaie ensuite de placer mes cheveux pour avoir l’air d’un musicien le plus possible ! 🙂 Je mets mon parfum préféré, Escape de Calvin Klein. Hum, ce que je sens bon. Je choisis le linge que je porterai. J’apporte parfois 4-5 kits différents, je suis fier-pète un peu. Deux sets d’une heure, deux kits pour me garder le plus possible au sec. Ça n’a l’air de rien, mais avec l’éclairage qui nous chauffe la couenne et l’énergie qu’on dépense dans le feu de l’action, les gouttes d’eau perlent souvent sur mon corps propre du matin.

Je mets tout dans mon auto quelques minutes avant de partir. Souvent, nous avons les tests de son à faire, quelques heures avant le spectacle.

Hier je suis parti de chez moi à 14 :30. Google Maps m’a averti que j’avais 1h14 de route à faire de Windsor à Cowansville. À 15 :30, je suis arrivé sur place. J’ai roulé un peu plus vite que Google Maps s’attendait. Je sors l’équipement de mon auto et l’apporte sur le stage, 3 voyages à faire. Je monte tranquillement mes affaires en plein centre, en avant, c’est moi le chanteur-claviériste tout de même, héhé… Je prends habituellement une demi-heure à m’installer. Les gars s’installent autour et quand tout est monté, nous faisons les tests de son pour que les gens nous entendent bien également… Une autre demi-heure. Puis, on attend, de 17 heures à 20 heures. On a mangé hier…

Puis, de 20 heures à 21 heures, un premier set. Une demi-heure de pause. Ensuite, deuxième set de 21 :30 à 22 :45, rappel y compris. Puis, les gens viennent nous voir, nous remercier, nous féliciter. On reçoit de beaux mots, des câlins et des bisous de la part des gens qui viennent nous voir souvent. Je démonterai mon équipement après avoir reçu beaucoup d’amour, nourriture essentielle…

Puis, je démonte, sourire aux lèvres, tout mon équipement et le transporte dans mon auto. Je fais le trajet de retour en une heure. Arrivé chez moi, je monte tout ça au deuxième étage pour pas que l’équipement gèle dans mon char toute la nuit…

Quand je m’assoirai, comme d’habitude, j’aurai oublié la douzaine d’heures que j’aurai prises pour la préparation d’un show de deux heures. Tout ça pour moins que le salaire minimum ! Pis ? Comme d’habitude, je serai heureux d’avoir fait ce que je fais : JOUER de la musique, faire plaisir aux gens qui aimeraient bien pouvoir en jouer aussi. Pour leur faire passer une soirée loin du travail, entre amis…

Comme d’habitude, j’aurai hâte au prochain show, jusqu’à quelques jours avant, quand j’espère me casser un doigt… En avant la musique. ♫♪…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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2 Commentaires

  1. Salut et merci pour ce texte. Content d’apprendre tout ce que ça prend pour un show.de ton côté.
    Ton texte se lit bien, un vrai petit film, je t’ai suivi tout au long ce ta journée.
    Bravo encore et continue à nous en donner, on aime te lire.

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  2. Un grand passionné, merci tu m’as fait revivre mes années de show et ça me manque !
    Prends soins de toi !

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