Créer de toute pièce

Créer de toute pièce

Chez nous, en avant, j’ai une belle véranda qui me laisse voir le fleuve sur lequel une vingtaine de voiliers flottent. En fin de journée, quand les vents tombent, ils sont presque immobiles et les reflets des embarcations donnent l’impression d’une belle toile, tellement c’est beau. Plus difficile de peindre, j’imagine, pendant les jours ensoleillés où les bateaux cigarette font la course et que les motos-marines s’amusent à zigzaguer sur leurs vagues. Quand la circulation maritime est dense, le fleuve danse et les voiliers qui ne sont pas sortis emboîtent maladroitement le pas, les clapotis résonnant sans cesse. Alors là, le majestueux cours d’eau a comme des frissons. Les jours passent et les gens au pied marin changent une peu la nature « propre » du Saint-Laurent.

Un peu de poésie dans mon genre. « Pouète pouète », diraient certains. Maintenant, on va passer un peu de temps dans ma tête d’analyste qui fait des analogies avec la vie. « La soirée du Fuckey » 🙂 

Quand je suis dans le calme, il y a des ces toiles que je pourrais dessiner si j’avais le talent pour le faire. Les images sont tellement belles, je flotte sans avoir besoin d’un gilet de sécurité. Et je voudrais rester dans cette belle bulle qui me protège contre tout. Je vois alors des plages de sable blanc immaculé ; des oiseaux majestueux qui se laissent planer dans les airs ; des enfants qui s’amusent à construire des châteaux de contes… d’enfants ; des couples qui marchent doucement, les pieds trempant dans l’eau chaude… TOUT va !

Parfois, de moins en moins souvent, toujours dans ma tête, quelques « monstres marins » surgissent des abysses pour faire surface et créer des remous. Et la peur semble vouloir me dire qu’il serait bon que je me cherche une bouée de sauvetage, avant que ces bêtes m’emportent dans des profondeurs où je ne veux pas aller. Je vois des plages rocailleuses où il est difficile de marcher ; des enfants qui pleurent parce qu’ils ont peur du tonnerre qui se met à gronder ; des couples qui s’engueulent parce que c’est le temps de faire le budget et que l’insécurité crée un climat qui installe le froid entre les deux personnes habituellement amoureuses… PLUS RIEN ne va !

De moins en moins souvent, disais-je plus haut… Parce qu’avant, je les fuyais rapidement ces pensées, le plus tôt possible tellement la peur m’envahissait. Le sauveteur que j’avais « choisi », me tendait un petit plat de pilules. Une seule, en 20 minutes, allait éloigner le plus dangereux des intrus… À la longue, instantanément après en avoir gobé une, le calme s’installait. Pourtant, si on parle de chimie, l’effet ne pouvait être immédiat. Pis ? J’ai compris que c’est MOI, moi seul qui pouvais installer les images que je souhaitais voir dans ma tête. Que les temps moins calmes, je les anticipais, je les créais, MOI et personne d’autre. Compris que c’est MOI qui allais régler le problème.

J’ai dû réapprendre. Me sauver ou rester là et affronter mes peurs ? Pas facile les premiers temps… Des moments où ca devient insoutenable : où 3 minutes ont l’air de durer une demi-heure. Ont l’air ! Parce que, encore là, si je regarde la réalité, 3 minutes, c’est 180 secondes. Impossible donc, que ça durait 1 800 secondes. J’ai décidé de rester là quand les monstres sortaient de nulle part et de partout en même temps. Ils n’existaient pas ; JE les créais. Autant mon cerveau pouvait créer de belles choses, autant il pouvait créer des cauchemars pendant que j’étais bien éveillé.

Puis, des lectures, thérapies et aides de toutes sortes m’ont appris de laisser monter ce que je ressentais. De respirer mieux, consciemment. De vivre ces 3-4-5 minutes, qui ne dureraient pas éternellement. Affronter mes peurs au lieu de les fuir. Comme dans la vieille phrase qui ma aidé : « tout ce que tu fuis te poursuit, ce à quoi tu fais face, s’efface. » Je l’ai déjà écrite, je crois. Mais efficace, sans que j’aie à la répéter sans cesse, TOUT finit par s’estomper. Et la paix et le calme s’installent, presque en permanence. Presque, parce que je suis conscient que des événements pourraient se produire et réactiver une mémoire, une habitude apprise autrefois… Je suis mieux équipé. J’avais besoin de comprendre, de réapprendre et je n’aurai jamais assez d’une vie pour apprendre tout et c’est tant mieux comme ça…

« Les pensées créent les émotions »… Autre phrase qui m’a accroché. Je préférerai toujours une phrase à une corde.

Quand je regardais le spectacle, aujourd’hui, tout était correct. Des gens s’amusaient (à chacun ses plaisirs), ils profitaient du beau temps et du fleuve qui les accueillait. Si les plaisanciers ont décidé de mettre à l’eau leurs voiliers-mauvais danseurs à cet endroit, c’est par choix et je ne changerai rien. Mais je ne déménagerai pas, de peur que des « images » fassent remonter des souvenirs qui pourraient mal alimenter mon cerveau. Partout sur la planète, si je n’ai pas compris que JE crée moi-même mes propres émotions et les images qui viennent avec… partout, je pourrais avoir peur.

Sur le fleuve en avant de chez moi, les navigateurs ont bien ancré leurs embarcations, pour lutter contre des vagues immenses qui viendraient les frapper. De même, j’ai toujours mes petites bouées dans leurs petits plats, au cas où il arriverait que je divague. Matelot du navire, je deviendrai le Capitaine. 

Tout est beau qui finit beau !

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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14 Commentaires

  1. Wow vraiment le fun à lire ami Dan… Lâche surtout pas!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Salut mon ami Karel ! Content que tu passes me lire et merci pour le commentaire. Repasse quand tu veux. Ça fait longtemps que je voulais écrire et monter un site pour moi. C’est fait depuis un mois. Y a d’autres textes, haha… Au plaisir de te revoir en personne et je te souhaite de superbes vacances bien méritées mon cher ancien collègue no 1. 😉

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci mon amie pour la vie ! Content que ça te plaise. Moi j’ai bien hâte de te réentendre chanter. Fais-moi signe Nath. xxx 🙂

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  2. La vie n’est souvent pas un long fleuve tranquille… Elle est parfois calme et parfois tourmente et c’est dans cette tourmente que nous apprenons le plus et que nous devenons plus forts pour affronter d’autres tempêtes. Et ça prend toute une vie pour apprendre à calmer nos tempêtes intérieures et même nos ouragans.
    Texte inspiré d’un capitaine bien inspirant… Merci Dan! xx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Wow ! Ma chère Susie, si le « capitaine en devenir » a pu t’inspirer ce joli texte, celui que tu nommes ainsi est (je cherche mes mots) touché solide, merde. 🙂 J’espère que d’autres te liront.

      Ouais, belle réflexion que tu nous laisses là. Tu soignes mes maux de corps, mais sache que tu soulages aussi ceux de mon d’esprit ; par ton écoute et le temps que tu donnes généreusement. xxx

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  3. Moi si j’étais un homme…la, la, la,,,je serais capitaine…
    Plus facile à chanter qu’à faire hihi ..
    Claude a raison; tu es inspirant! Et en inspirant, tu respires (aussi 😉 )
    La poésie vibrante et l’espoir . Sérieusement. A lire et relire.
    Merci, encore. xxxx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Claude a toujours raison, quand elle parle de son père, haha… J’aime bien savoir que je respire en inspirant ! 😉 Merci à toi d’être encore là. Ton support est bien plus grand que tu ne peux le penser. xxx

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  4. Oh capitaine, mon capitaine lâche pas Daniel. Il est difficile d’arriver a bon port car les eaux sont agitées. Mais il y a toujours le calme après la tempête. Des bonne vacances aux Iles me ferais du bien la mer me manque. Profite de ton coin de paradis. Au plaisir de se recroiser.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Salut mon ami Sylvio ! Tes mots me font penser au film que j’ai vu plusieurs fois et qui m’a un peu beaucoup inspiré à devenir enseignant : « La société des poètes disparus » avec le merveilleux Robin Williams. Merci de me rappeler ne serait-ce que ce film. Mais tu me rappelles plus que ça : « Entre nous ». Et je ne peux que te dire d’aller faire un tour dans ton merveilleux coin de pays, si c’est là, maintenant, que tu ressens le manque de la mer. Tout peut se faire… 🙂 Amuse-toi !

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  5. Bonsoir Dan,,,en lisant ton texte je repense à celui que tu as écrit sur les fameuses crises de paniques, et je me demandais si tu te rappelais quand et dans quelle circonstance tu as fait ta première crise. J,ai pas besoin d’une réponse, mais pour moi c,est la clef qui m’a aidé à me sortir de cette torpeur,,,après plusieurs consultations à tourner en rond avec la psychologue, je me souvenais très bien de la première crise qui était survenue quelques jours après que mon mari c’était étouffé avec de la viande et était tombé par terre tout bleu et ne respirait plus,,,,l,adrénaline dans le plafond j,avais réussi à lui ouvrir la bouche et à le faire rejeter le morceau en question mais sur le coup j,avais consolé les enfants qui pleuraient et j,ai pas eu le temps de m’arrêter pour analyser ma peur. Par la suite, les crises ont commencé et sont devenues de plus en plus fortes car quand mon mari buvait j,étais toujours sur le gros nerf,,,,mais en fouillant avec la psy, je me suis rappeler que ma mère quand nous étions jeunes (on étaient 13) nous disait souvent quand elle était épuisée si vous vous tenez pas tranquille maman va mourir puis vous allez être placés sur des étrangers,,,,quand je me couchais le soir je demandais au bon dieu que ma mère meurt pas cette nuit ,,,,et le matin je me levais très tôt pour voir si ma mère était vivante,,,,tout ca pour te dire que on imagine pas toujours les peurs qu’on s’invente comme tu dis Dan,,,,des fois sa viens de bien loin dans notre petite tête mais faut les apprivoiser et apprendre à vivre avec et comme tu dis en devenir le capitaine,,,,,aujourd,ui je fais plus de crise de panique mais y a plein de choses que je comprends pas comme tout le monde et je suis souvent décue mais je fais avec ,,,je pense que le mieux que je puisse faire c’est me protéger contre mes attentes envers les autres, moi je suis encore juste moussaillon,,,,

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Gabrielle, merci encore de passer par ici. Tsé, mes textes sont comme une thérapie pour moi. Et comme toi, j’ai fouillé dans à peu près tous les racoins de ma vie, enfance y compris. La phrase que ta mère disait, j’en ai entendues plusieurs du genre de la part de la mienne, de la part de mon père… Je leur en ai voulu, je leur ai pardonné parce que pour moi, il est impossible qu’un parent, le moindrement aimant pense que ce qu’il dit, quand il est dépassé par les événements, va marquer son enfant pour la vie.

      Désapprendre, apprendre autrement, vider le disque dur ou du moins les « virus » qu’il y a dessus, ça se fait. Avec du temps et de l’aide. Tu vois, tes mots me parlent et m’aident aussi. Alors, ne te vois pas comme un moussaillon. Ton navire, tu l’as fait passer à travers de grosses tempêtes. Avec de l’aide, mais SURTOUT par toi-même. Prends soin de toi mon amie. xx

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  6. « Matelot du navire, je deviendrai le capitaine » quelle phrase inspirante, pleine d’image qui me porte sur la mer. Devenir le capitaine de ma vie, c’est l’objectif que je me suis fixée. Merci d’avoir illustré ma pensée de façon si poétique.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Ah ! Ma fille, mon bel Amour. Quel plaisir de lire tes mots sous les miens. Si je peux faire quelque chose, le moindrement, pour t’aider à atteindre tes objectifs, je serai heureux. Pour moi, TU es la plus belle des jeunes femmes et tu es tellement inspirante… Ton objectif est beau, il prouve que tu es pleinement consciente de ce que tu veux. D’après moi, je te dirai : « je t’aime ma capitaine », bien avant longtemps. Je t’aime, pas rien qu’un peu. 🙂 xx Je ne remercierai JAMAIS assez la vie pour t’avoir mise sur ma route. Et cette route, elle est de plus en plus belle quand je la partage avec toi et Monsieur Vous. 😉

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