Des images qui me feront écrire

Des images qui me feront écrire

Je me suis couché «tôt». Il était 23 heures. Un réveil à 4 heures du matin.

Je suis allé faire un petit tour sur Facebook. C’est tranquille, les notifications ne pleuvent pas à cette heure du Québec. Il y en a une qui est apparue. Celle de mon ami Alain, grand voyageur devant l’éternel… Il est en Asie cette année. Je dis cette année, parce que d’année en année, il se promène sur la planète, SEUL ! Et il nous envoie des photos de ses voyages. De superbes images que seul ce genre de promeneur peut nous faire parvenir. On y voit le quotidien des gens des pays qu’il visite. Des animaux, des enfants, des paysages époustouflants, des temples, des rivières, des lacs, des montagnes, des musiciens… Un seul arbre parfois, nous fait voir des choses.

Je voyage avec lui, parce que je suis trop peureux pour le faire seul. Il y a une grande partie de moi qui l’envie parce que lui, il est capable d’affronter la solitude. Bien sûr, il rencontre des tas de personnes sur son chemin. Il fait de belles découvertes si on se fie à certaines photos où il est entouré de gens d’un peu partout pour prendre un repas ou un verre… Mais il doit bien se retrouver seul, loin des siens que je me dis. Il doit trouver une grande satisfaction en réussissant à passer à travers des moments plus difficiles et c’est ça que j’envie, passer les frontières de ses propres limites !

Pendant ce temps-là, moi je vis en solitaire, même si les gens que je connais se retrouvent dans ma région ou en Estrie. Même si ma fille et mon petit-fils sont à 2 h 30 de route de chez moi. Même si j’ai une conjointe et un chien qui vivent sous le même toit que moi. Ma zone de confort est petite et j’ai de la difficulté à en sortir.

Parfois, je partirais, rien ne m’en empêche. Mais j’ai trop peur de faire de l’anxiété loin des hôpitaux, loin du 911… Pourtant, je ne suis pas un abonné ! C’est fou comme ça me paralyse cette maladie. Il y a des journées où j’ai l’impression qu’il faudrait qu’une ambulance me suive, pas à pas, au cas où l’angoisse me prendrait la gorge et m’empêcherait de respirer librement. Il y a des nuits où le sommeil ne veut pas se retrouver en moi, tellement il se passe plein de choses dans ma tête, toutes plus ou moins terrifiantes…

Je sais, il n’y a que MOI qui puisse changer quelque chose. Même en étant médicamenté, je vis encore de l’anxiété, de l’angoisse, des peurs irraisonnées qui m’empêchent d’être en paix. Il n’y a que MOI qui puisse décider d’aller de l’avant ; de sortir et aller vers les gens ; de faire des choses que j’aime ; de vivre simplement. Mais je m’épuise facilement, parce que je m’étourdis à penser.

Mon imagination est fertile. Autant je peux imaginer de belles choses, autant je peux construire des cauchemars en étant réveillé. Les pensées créent les émotions paraît, alors il me serait nécessaire de n’avoir que de douces pensées pour avoir des émotions douces, me dis-je souvent. Ça serait si simple et je serais si bien. Pourtant, j’arrive à créer des émotions de peur, de tristesse, de colère, à la limite…

Ça fait 26 ans que je prends des médicaments contre l’anxiété et parfois, souvent même encore, je ne la contrôle pas. Et de ça, je suis épuisé.

La semaine prochaine, je vois mon médecin. Je vais lui faire la demande de commencer un sevrage, pour en finir avec ces médicaments qui, je crois, me nuisent plus qu’autre chose. S’il me reste 20 ans à vivre, je voudrais les passer autrement : en affrontant mes peurs, en leur faisant face au lieu de les fuir avec une couple de pilules. Me prendre en mains et décider que c’est moi qui allais décider, librement, des émotions qui me conviennent. Tanné d’être «gelé».

Mon ami Alain, tu m’inspires tellement. Aujourd’hui, tes images m’ont encore donné le goût de faire face à la vie, SEUL. Le goût de sortir de ma zone de confort et de me découvrir une force qui m’habite, qui s’est probablement cachée derrière des petites pilules roses et rouges.

Mon texte ne représente que la partie malheureuse de moi, c’est ce qui est ressorti aujourd’hui. Mais il y a de bons moments quand même, qui font partie de ma vie et c’est vers ceux-là que je me dirigerai dorénavant. Tu es un bel être humain mon ami voyageur, je suis humain que je me dis. Je vivrai en tant que tel, avec mes forces et mes faiblesses. J’accepte d’être ainsi fait, merde !

Des images qui… m’auront fait écrire. Bonne route Alain Hébert, merci pour tes partages.

PS : Alain, un jour j’aimerais être assis avec toi et les tiens pour t’écouter parler des découvertes que tu as pu faire. Oui, t’entendre parler des lieux et des gens que tu as rencontrés, que tu as visités, mais surtout de celui que tu as su apprivoiser quand tu étais seul avec toi !

Photos de Alain Hébert 2017

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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5 Commentaires

  1. Salut Dan,
    Tu m’as très ému ce matin. Même pleurer…si tu savais comment je connais ça l’angoisse et aussi la maladie mentale. J’en aurais long à dire mais je suis tellement nul en écriture.
    Quand je commence à écrire ça devient comme une tempête d’idées et de souvenirs dans ma tête et ça me décourage. Je t’admire beaucoup pour le combat que tu mènes.
    Je t’admire aussi pour ta transparence qui aide beaucoup de gens et ça j’en suis convaincu.
    Tout le monde est malade…tu sais ça 😉

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    • daniel-nicolas lapierre

      Merci Alain ! Tes mots me touchent. Pour un gars qui «ne sait pas écrire», tu me surprends, haha… 🙂 C’est vrai que les gens «équilibrés» doivent être assez difficiles à trouver de nos jours. Je te souhaite de trouver la paix en toi, à travers tes expériences et merci pour tes magnifiques images qui m’inspirent. Bonne route.

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  2. Quel magnifique texte mon ami, si ce n’était que des possibilités , la vie serait simple. Mais elle vient avec notre bagage intérieur, nos ombres et notre lumière … Je t’encourage à réaliser tes rêves un à un.

    Prends soins de toi !

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      • Regarde derrière ces peurs tes rêves s’y cachent. Ton saboteur pourrait avoir le nom d’Anxiété.
        Je sais qu’un jour tu prendras la décision de te donner le droit d’être heureux avec toi et ensuite avec les autres.

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