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J’ai lu y a quelques jours que nos états d’âme n’intéressaient pas les gens. J’avoue que ça m’a dérangé un peu, parce que c’est pas mal à partir de mes états d’âme que je trouve l’inspiration pour écrire. Et quand j’écris, c’est un peu comme si je me parlais, comme si je répondais aux questions que mon état du moment m’amènent à me poser  : la parole qui libère, que j’ai entendu ici et là.

Quand je joue du piano, c’est la même chose qui se produit. Si j’ai passé une journée moche, mes doigts vont jouer des notes et des accords qui sonneront exactement comme je me sens au moment où je joue. Des airs plus gais dans des beaux moments… Ben, pas nécessairement plus joyeux un que l’autre. Dans le premier cas, l’improvisation risque d’être plus heavy par exemple ! Et quand j’ai fini, je me sens TOUJOURS bien.

Que j’écrive ou que je joue de la musique, pour moi seul, c’est fait sans aucune censure. Et si je garde ça pour moi, je me sens en paix.

Quand je joue de la musique devant des spectateurs, j’essaie de rester le même gars spontané sur scène. Et y a des après-shows où il m’est impossible de dormir, tellement l’adrénaline coule à flots. Je suis sur un nuage quand le show a été bon. Je me pose des questions quand j’ai l’impression que je n’ai pas tout donné.

Quand j’écris sachant que je serai lu, pareil ! J’irai me coucher et dormir, plus ou moins bien, me demandant si j’ai laissé aller simplement, sans trop me poser de questions. MAIS, personne ne me fera croire qu’il n’a rien à foutre des gens qui le « suivent ». Si je partage publiquement ce que je fais et ce que j’aime, c’est souhaitable que le public aime aussi. Alors, comment pourrais-je écrire autrement qu’à partir de comment je me sens ? Hum…

D’avoir lu que nos états d’âme n’intéressaient plus le monde, ralentit mon débit d’écriture, c’est sûr. Questions qui ne cessent d’interrompre mon rythme. Je perds vite le beat habituel. Ça doit être mon état d’âme qui fait ça, ce matin, je suppose.  

Quand je suis sur un réseau social comme Facebook, je ne vois pas beaucoup de gens écrire sur eux. La plupart de leurs pages sont remplies de vidéos, le plus souvent, supposément drôles ou complètement à l’inverse, avec des scènes qui provoquent, qui choquent. Est-ce que je dois en déduire que la plupart des Facebookers partagent la vie des autres ? Que la leur, ils la gardent pour eux et que leurs états d’âme, ils les enfouissent profondément pour ne pas avoir d’émotions ? Faudrait toujours que ça soit drôle ou que ça choque ? Ces mêmes personnes, quand elles se rassemblent, de quoi parlent-elles ? Des vidéos qu’elles ont vues sur le web ? Si un personne, dans une de leurs soirées, parle de la vie qu’elle a dans la vraie vie, est-ce que les autres l’écoutent, la laissent parler ? J’sais plus, je ne sors pas souvent ; devrais-je sortir plus souvent ? Et comme je vois plein de vidéos, est-ce parce que les gens en ont marre de lire ? Trop épuisant lire ?

Je suis en train de me demander si je ne devrais pas arrêter d’écrire sur tout, surtout, et changer mon blogue en me concentrant sur un seul sujet, plus spécialisé. Annonce non-publicitaire : vous lisez présentement mon premier texte écrit au ralenti, genre…

Si j’écrivais uniquement sur les vidéos, et que je mettais, en-dessous, une note de 1 à 10 ou des étoiles tiens, couleur or, pas plus que 5 mettons… Sarcastique ? Un peu, oui… Frustré ? UN peu, oui… Déçu ? Un peu, oui…

Dans la vrai vie, je vais voir des shows, pas très souvent et j’écoute un peu la radio, mais pas longtemps. Jai beaucoup de CD. Quand je vois des shows qui s’adressent aux gens d’aujourd’hui, je n’entends presque plus jamais une toune complète ! Plutôt des medley ou aussi appelés pots-pourris (pas inspirant comme mot composé) de hits, parce que même à la radio, une chanson ne doit pas durer plus de 2 minutes 36 secondes… Et encore là, quand elle commence et qu’elle finit, l’animateur parle par-dessus. Donc, on va dire que c’est rendu long écouter 2 minutes 15 de musique. Lire ? Ce n’est pas moi qui a inventé les textos. MDR… Ah ! Je dois être le seul dans l'univers qui n'a pas de cellulaire. 

Quand les gens avaient le temps, dans mon temps mettons (je dois commencer à être vieux là…) haha… ils écoutaient des tounes de 7-8 minutes et ils lisaient des gros livres. Bon, nostalgie ? Pas de mon temps ? Les deux hypothèses sont plausibles.   

Mon état d’âme aujourd’hui ? En réflexion. (J’aurais pu mettre juste ça, sur une vidéo qui aurait rempli ma page, avec le mot RÉFLEXION en gros plan, pendant 3 secondes… Mais « j’aime mon peublic ». Ti-Poune Lapierre   

* Jeu de mot-acronyme, raccourci pour : éphémère.

Photo de Stefania Rossi, photographiste.

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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4 Commentaires

  1. Salut Daniel, t’as bien raison, les états d’âme ça n’intéresse pas le monde en général. Comme tu dis il y a beaucoup de partage de vidéos de j’aime entre les gens sur facebook, pour nommer celui-là le seul réseau que je connaisse. Si les gens écrivent quelque chose, faut pas que ce soit trop personnel, il peuvent être jugé, perdre des amis facebookois. Est-ce vraiment des amis??? J’ignore mais pas grave, c’est la mode d’avoir beaucoup d’amis sur les sites réseaux. J’ai beaucoup de difficultés à comprendre ce qu’ils ont écrit, les cpq, qqc, vdc moi j’ignore ce que ça veut dire. Je suis peut-être vieux mais ma langue j’y tiens encore. J’ai beau n’avoir qu’un secondaire 5 mais les mots je les respente.
    Je dirais en parlant de ton blog, c’est comme ton clavier mais l’alphabet n’a que 26 touches et quelques noires, le point pour séparer, la virgule pout un petit arrêt etc. Tu en choisis certaines et tu appuis comme les notes de ton piano. Elles font des mots puis tu répètes avec d’autres touches et à l’occasion tu unis avec quelques noires. Tu continues à pianotter sur les touches, tu fais des phrases, puis des paragraphes et encore des paragraphes. À la fin on a un texte. Comme sur le piano une mélodie peut-être douce à mon’oreille, ton texte pour mes yeux amène des émotions bonnes ou mauvaises pas grave. Il brasse ou simplement il mijote des états d’âme dans mon intérieur et cela me dit que je suis encore vivant.
    Merci, bravo Daniel et continue à nous émouvoir. Ton ami-cousin ou cousin-ami Pépé

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Hey ! Merci pour la belle comparaison entre mes claviers préférés : celui d’un piano vs celui d’un portable. J’essaie de leur faire sortir le meilleur du moment où je pianote sur eux. 🙂 Là, à 2 h 30, ça serait assez mollo mettons. POINT, haha… Salut Ron

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  2. Je pense que les gens aujourd’hui ne prennent pas le temps de prendre le temps…c’est malheureux de se laisser embarquer dans cette roue sociale qui va à toute allure. Beaucoup trop vite.

    Mais il reste encore (et bien plus qu’on ne le croit), des personnes qui « vivent » et s’intéressent aux choses essentielles qui sont liées aux humains.

    Chacun peut décider du rythme que prendra sa vie et le sens de celle-ci. En ce qui me concerne, la « Grande Roue »; non merci!!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      La Grande Roue, c’est pas mal de hauts et de bas ça je pense, hein ? J’ai jamais pu embarquer là-dedans moi…

      Et c’est vrai que tout va trop vite, pour moi en tout cas. Courir, toujours courir, pour rattraper le temps perdu. Pas prêt de voir ça comme un sport que je pratiquerais mettons. 😉

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