Je suis humain, malgré tout !

Je suis humain, malgré tout !

Ça fait quelques semaines que j’appréhende l’arrivée de l’automne… Oh ! Je trouve cette saison très belle avec les couleurs qui changent et les belles «lumières». Mais pour moi, c’est un changement qui m’apporte des moments de solitude et d’isolement. Novembre, le mois de morts qu’on dit et je me sens ainsi.

J’aurais besoin de sortir, de voir du monde, de parler, de sortir de ma tête qui n’arrête pas de penser. Pas facile pour ceux qui ne connaissent pas les troubles de la personnalité limite et l’anxiété sévère généralisée… Plus facile de juger et de se dire que je devrais justement sortir aller prendre des marches, m’amuser, voir des gens. Je sais que vous auriez raison de me dire tout ça, mais le moindre petit rien devient grand à mes yeux. Juste de trouver la poignée de porte pour sortir me demande des efforts qui me paraissent surhumains.

Juste de vivre, de manger, de dormir, de m’occuper de mon hygiène personnelle, c’est déjà beaucoup !

Alors, je me mets de la pression et je n’en veux pas, je n’en n’ai pas besoin. Ça fait partie de moi, je dois accepter que pendant une certaine période de temps, je serai comme «inapte» aux échanges sociaux. C’est pourtant en communiquant que je me rapprocherais d’une vie «normale».

Je fais des cauchemars ces jours-ci. Quand je me lève, j’en ai pour une demi-heure avant de me rendre compte que le mauvais rêve est terminé et que je suis dans la vraie vie. Ça peut sembler lourd pour ceux et celles qui ont le bonheur facile. Rien n’est facile pour moi ces temps-ci et je me cache pour ne pas qu’on me voie dans ces états d’âme.

J’écris alors comme si je me parlais, pour que dans ma tête cesse un peu tout ce que je me dis, tout ce que j’entends. Y a comme un imposteur en moi. Je ne suis plus le même gars qui écrivait il y a quelques jours sur la beauté de la vie, sur les plaisirs que j’ais en allant voir ma fille et mon petit-fils. Il y a comme une partie de moi qui sabote l’autre partie de moi qui est la plus vivante, si on peut dire.

Mon chien sent tout ça. Selon mes pas lourds ou légers, il me suit ou reste en bas quand je monte à ma chambre. Il vient me coller ou reste à bonne distance selon mes humeurs. Quand il me regarde, il semble chercher dans mes yeux si j’ai besoin «d’aide» et si oui, il viendra s’asseoir sur moi pour que je le flatte. Sinon, il restera là à m’observer.

Je vais rencontrer mon médecin demain et mon psy après-demain. Ils me répéteront comme ils le font depuis des années : «sortez, allez prendre des marches, allez voir des gens que vous aimez, qui vous aiment…» Ou : «ne vous mettez pas de pression, acceptez le fait que vous allez avoir à vivre ces périodes plus difficiles de votre vie.» Sachant bien que je ne réussirai pas à trouver l’estie de poignée de porte… Et mon médecin augmentera un médicament, réduira la dose d’un autre. Je lui demanderai si on ne peut pas stopper tout ça, m’envoyer en désintox de médicaments et recommencer à zéro. Parce que je ne veux plus prendre les foutus médicaments quand je ne vais pas bien. J’ai l’impression que ce sont eux qui me mêlent encore plus. Mon médecin sera contre, c’est comme ça. Je voudrais parfois qu’on m’interne, pour que je ne sois pas seul. Pour qu’on m’examine de fond en comble et trouver une pilule miracle qui me donnerait l’énergie nécessaire à affronter mes moindres peurs : de devenir fou, de vouloir disparaître de ma vie qui fait souffrir par bouts…

Et je serai alors dans une période de changement : le temps que les molécules de la pharmacologie me ramènent dans un état un peu plus «normal». Je ne suis plus moi-même, je ne sais plus ce qui est normal, je m’éloigne de mon bien-être.

Mon chien vient de demander la porte. Je l’ai suivi dans le gazon, pendant 10 minutes. Je croyais qu’il avait des besoins. Non, rien. On dirait qu’il voulait me faire sortir et je n’aime pas ça, les voisins risquent de me voir et s’ils me parlent, je n’ai rien à dire. Je suis sauvage…

Merde, c’est une si belle journée. Y a sûrement des gens qui jouent au golf aujourd’hui. J’aurais le goût de partir et d’aller m’amuser moi aussi, mais tout me semble si compliqué…

Bon, je vous mets ça sur mon blog. J’aurai communiqué aujourd’hui. N’ayez pas peur de moi ou pour moi, je suis fait ainsi, je reviendrai faire un tour… Il fait si beau dehors !

 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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2 Commentaires

  1. Le bonheur dans cette douleur exprimée est ta grande et inspirante capacité d’écrire. Tu peux alors canaliser cette mauvaise énergie.
    Merci mon ami de partager ces émotions qui sont si intenses et personnelles.

    Prends bien soins de toi !

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  2. Je trouve dommage ce que tu vis, mais je connais très bien par contre.
    Tout ce que je peux dire c’est: Daniel même si tu t’isoles, je t’offre une accolade et une bonne poignée de mains. Ma porte t’es ouverte. Il y a même un lit qui t’attend, un ti-vieux comme moi mais beaucoup plus vieux, c’est un 1800.
    Prends soin de toi, essaies de t’asseoir à la fenêtre juste pour voir la lumière du soleil.
    Bonne journée

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