Je suis une Peau Rouge

Je suis une Peau Rouge.

Mais non, je ne suis pas une Iroquoise et oubliez Tintin en Amérique ou les histoires de Lucky Luke qui fait tourner les Indiens (ou Amérindiens) autour de sa caravane. Ou encore, les cavaleries qui arrivent toujours à la fin des films de cowboys… Question de sauver ma peau !

Ces jours-ci, je partirais dans le Sud, sous les palmiers, sous les bananiers (presque beau dommage). Mais c’est toujours un pensez-y bien pour moi…

J’ai une peau douce, sensible, comme tout mon être ! Je me suis fait brûler par le soleil autant de fois que j’ai pu... prendre du soleil. Rouge, couleur passion.

Tsé quand tu te ramasses avec des cloches d’eau dans le dos, parce que tu n’as pas mis de la protection 144 (je me trompe peut-être avec Vicks Vaporub là)… Quand ces cloches ne sonnent pas pour la naissance d’un enfant mais plutôt pour annoncer la mort d’une couche ou deux de peau, je connais. Quand tu passes ta main sur ces cloques et que l’eau déferle sur les autres bossues, ruisselant à travers l’organe qui a pour fonction d’envelopper l’ensemble du corps, afin de le protéger (la peau en un mot). Ben quand ça arrive, ça rappelle que tu ne l’as pas protégée, cette peau douce et sensible.

J’ai toujours rêvé d’être bronzé, bruni et non brûlé, et j’ai essayé bien des manières de l’être, sans jamais y arriver. Moi, le rosé m’enveloppe. Comme je joue au golf (ma 49e saison s’en vient) je peux vous dire qu’après 2-3 parties, quand j’enlève mes vêtements, je flashe dans le noir et j’ai l’air «grillé comme un habitant». Cette expression pour moi, ne veut pas dire que j’ai quelque chose contre les gens de la ferme, ben non tsé… J’aurais juste voulu changer l’expression par «être grillé comme du monde». J’aurais alors réussi ce que je cherchais à faire, pour être beau comme les gars qui sont beaux… Enfin, paraît que c’est beau du bronzage. 3 fois «beau» dans une phrase, c’est laid, je vous l’accorde.

Deux souvenirs chauds ?

J’avais 20 ans, je jouais de la musique dans les bars. J’étais dans ma petite ville des Cantons et après avoir chanté jusqu’à 3 heures du matin, j’ai décidé, avec quelques amis, de prendre plusieurs consommations dans ma chambre d’hôtel. Les petites heures du matin venant assez rapidement, nous avons décidé d’aller jouer au golf sur le terrain de Windsor. Je voulais montrer mes talents aux amis… On a joué trois trous en 2-3 heures tellement on était saouls (ben quoi, on était jeunes et fous…). Plus de coups dans le vide que sur la balle. On a replacé nos «divots», me semble, m’en rappelle plus vraiment… 

Fin mai 1979, je me souviens très bien. En revenant, je me couche sur le toit de L’Auberge des Cantons (bardeau d’asphalte noir)… sur une couverture et je suis fait à l’os, comme on disait dans l’temps. Je me suis endormi là, couché sur le ventre, le dos nu. Journée de fin mai à 27-28 degrés genre. Je me suis réveillé peut-être deux heures plus tard (là ma mémoire fait défaut). Puis-je vous dire que ça piquait solide dans mon dos et sur mes épaules ? Que les 2-3 soirs suivants, j’avais de la misère à m’endurer, cloches d’eau et tout le «pleumage» de peau qui fait que tu veux te gratter. ET l’éclairage sur le stage : des «pars» de 1 000 watts à 5 pieds derrière moi, OUTCH… On aurait dit que l’éclairagiste s’amusait à me chauffer, moi le chanteur aux claviers, ne pouvant m’échapper pendant que le monde dansait. Pas besoin de glace sèche sur la scène, ma peau fournissait en boucane. Souffrance…

Il y a de cela, 3-4 ans. On s’en va aux glissades d’eau de Pointe Calumet. Ma blonde, une amie à elle, avec une amie à son amie, deux jeunes ados. On s’installe à côté de la piscine à vagues. Une couple de bières (encore), je vais dans l’eau, ressors, m’étends, souhaite devenir brun, tata qui n’a rien compris presque 35 ans plus tard (sans compter les fois pendant toutes ces années)… Eux, se promènent à travers les glissades d’eau, la rivière où ça saute avec une corde de Tarzan. Je suis allé voir quelques minutes avec (le seul moment d’intelligence que j’ai eu ce jour-là) mon t-shirt sur le dos. 

De retour dans mon coin de piscine où je ne fais pas de vagues, j’enlève ce t-shirt protecteur et je m’étends. Mes amis qui reviennent de temps en temps me disent que je commence à rougir pas mal. Moi ? Comme je ne me vois pas et que ça chauffe juste un petit peu : «Bah ! J’suis tough».

Le soir, il pleurait comme une fillette, le tough. Bon, tout de suite, je sais qu’il y a des garçonnets qui pleurent aussi fort que les petites filles, aussi aigu même, avant de muer… Mais bon c’est une expression, ne me faites pas rougir de colère là !

Je fais l’erreur d’aller prendre une douche pour calmer les démangeaisons et je mets du savon, EN PLUS, inconscient au troisième degré (les brûlures), genre, OK ? Je pleurais de toutes mes forces pour que ma blonde m’aide. Elle ne savait plus où donner de la tête. Elle a même composé le 811, c’est bien ça ? En tout cas, le numéro qu’on fait avant de faire le 911, numéro pour savoir quoi faire avant d’appeler des secours ambulants… Une chance qu’il y avait une pharmacie ouverte 24 heures sur le fabuleux et superbe boulevard Taschereau à Brossard (je n’ai rien contre Brossard). Le reste importe peu. Aloes, Amen… Donc, j’ai souffert, péter des cloches d’eau, éplucher deux trois couches de peau, guéri en 3-4 jours, merci ! Une semaine après, j’enlevais encore des peaux mortes. Elles étaient presque noires, j’vous dis, croyez-moi SVP !

Maintenant quand je vais jouer au golf, je mets de la crème protectrice. Avec un petit peu de lait bronzant dedans, au cas où… je réussirais à bronzer. Un match dure environ 4 h 15, pensez-vous que je devrais en remettre de temps en temps ? Oui ? Ah ! OK, l’été prochain, je vais m’occuper de moi un peu mieux, avant de manquer de peau. Oups, pas de jeu de mots cochon à faire avec ça SVP ! Sinon je vais me mettre à rougir. 

Tiens : rougir de honte, quand je me relis. Pas fort le gars qui ne comprend pas qu’il était roux tout jeune ; avec des freakles encore présents sur les épaules, le nez, les bras, les joues… Mets-toi de la «craigne», peau blanche !

coup-de-soleil

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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