Je t’aime papa

Je t’aime papa

Ou, je t’aime grand-papa…

Il n’y a pas une seule fois où ma fille et moi échangeons sur Facebook, par téléphone ou encore mieux, en personne, qui se termine sans qu’elle ne me dise ces mots qui me font toujours chaud au cœur. Bien sûr, je lui dis que je l’aime aussi. Et ce n’est pas une course à savoir qui le dirait le premier, ça vient tout seul, lentement… Je ne sens pas que c’est une habitude, j’en suis convaincu.

Même chose, quand j’arrive chez ma fille et que mon petit-fils est à la fenêtre, me voyant arriver. Je vois déjà dans ses yeux une joie qui lui est renvoyée immédiatement par mon regard et des bisous lancés à la volée. Et dès que je mets les pieds dans la maison, il est là, me sautant au cou et me disant ces mots tout en me serrant dans ses petits bras qui entourent mon cou.

Je t’aime ! Tout court, comme chanterait l’autre…

Qui n’aime pas entendre ces mots ? Qui prend le temps de les dire à ceux qu’il aime vraiment ? Même mon père a appris à les dire, ces mots. Sur le tard, mais de cette génération d’hommes qui n’est pas supposée savoir dire ces choses, mon père a réussi à le faire. Ma mère me le disait souvent elle…

Ma fille et moi avons une relation privilégiée je trouve. Nous discutons des vraies affaires, de temps en temps. Dernièrement, elle me parlait de sa relation qui n’allait plus et elle me posait des questions qui «sentaient» l’insécurité. Sans me souvenir de ce que j’ai bien pu lui dire, elle m’a dit : «Papa, c’est tellement apaisant quand tu me parles». Et moi, de lui répondre, les yeux mouillés, que je ne faisais qu’essayer de l’aider à ne pas trop se projeter dans l’avenir, de ne pas trop se poser de questions qui lui feraient avoir peur. Elle ajoutait : «Tu ne comprends pas papa. Dans ta façon de me parler, tu trouves le moyen de rendre tout plus facile…» J’en oublie des bouts, ému que je suis, de me rappeler ce moment présent, qui ne l’est plus, haha… Mais je me rappelle que je me sentais un peu gêné et heureux à la fois. Gêné par le compliment et heureux de faire du bien.

Demain n’est pas là, je ne sais pas si j’aurai la chance de dire aux gens que j’aime, que je les aime. S’il leur arrivait quelque chose à eux, je serais au moins heureux de me souvenir que nos derniers mots auront été des mots d’Amour.

J’ai passé ma vie à la recherche de l’Amour. Celui d’une femme, d’un ami, de mes confrères et consœurs de travail, de mes coéquipiers dans le sport, des gens qui me voyaient en spectacle. Mais en vieillissant (ou en grandissant plutôt) j’ai compris que je recherchais ce que je n’étais pas capable de me donner à moi-même. Je recherchais plutôt l’approbation ou quelque chose comme de la reconnaissance dans le regard que les autres portaient sur moi. Je ne dis pas qu’aujourd’hui, je suis amoureux fou de ma personne, mais j’accepte d’être l’être imparfait que j’ai toujours été et je fais avec. J’ai toujours été un Peace and Love dans mon fin fond, souvent malhabile à le démontrer.

La naissance de ma fille et celle de mon petit-fils m’ont grandement aidé à comprendre le sens que je donne à l’Amour et je travaille encore et toujours à être bien avec Dan Lapierre pour qu’aussi les autres puissent être bien avec moi.

Quand ma fille était jeune, je lui chantais une chanson de Luc Plamondon, interprétée par Bruno Pelletier : «AIME». Et je voulais surtout qu’elle se rappelle  de la fin :

«…Aime
Fais-en ta règle d'or... Contre la loi du plus fort
Et quoi qu'il advienne… Je voudrais que tu te souviennes
D'un seul mot de ton père... Aime»

 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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4 Commentaires

  1. Magnifique comme d’habitude.
    En te lisant je sens en moi une fierté, la fierté de voir à quel point mon ami Alice a grandit, qu’il s’accepte tel qu’il est. Un gars avec des défauts et des belles qualités, au grand coeur ouvert pour tous.
    Cette lecture me fait encore réaliser que je me suis toute ma vie battu pour avoir l’approbation des autres, j’inclus les plus présents dans ma vie ma famille. Je réalise que j’ai encore de la difficulté à accepter un compliment, je n’ai pas eu de pratique a en recevoir dans mon enfance.
    Je me souviens qu’un jour une soeur de ma mère lui a dit : » Ah! ce que … a de beaux yeux. » J’avais entendu. Ma mère lui a répondu quelque chose comme : » Dis lui pas ça, il va s’enfler la tête pis y’a pas des plus beaux yeux que les autres. »
    Avec toutes mes démarches aujourd’hui je comprend pourquoi par hasard 6 mois pus tard je portais de lunettes. Pour qu’on voit moins mes yeux. C’est aussi fou que ça, mais c’est la réaction d’un enfant de 10 ans. Par hasard 3 ans plus tard j’en ai plus besoin Pourquoi??? Encore plus bizarre, à 21 ans la même chose s’est produite j’en ai porté pendant quelques années. Le psychique d’un humain c’est fort en TA.
    Encore aujourd’hui j’essaie encore comme d’avoir l’approbation de je ne sais pas qui, dans beaucoup de secteur de ma vie, dans la peinture, le bricolage de bois, l’écriture.
    Content de t’avoir lu Daniel, ça réveille le côté de moi qui veut vivre avec ou sans l’approbation et sans la peur de ne plus être aimé. Le gens qui m’entourent en majorité m’aiment pour ce que je suis sans jugements mais l’enfant intérieur en moi attend encore l’approbation de ses parents et de les entendre dire: » Je t’aime. »
    Aujourd’hui je me rend compte du chemin que j’ai parcouru depuis 50 ans. Dépression, 6 tentatives de suicide, séries d’électrochocs et tout ça juste pour ne plus souffrir. Oui souffrir du mal, qu’on m’accepte et m’aime.
    Je me regarde et souvent je me surprend à être fier de moi et là j’ai la larme à l’oeil mais de bonheur.
    Merci encore Daniel-Alice Je t’aime

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      On ne nous a pas appris à avoir confiance en soi. Et c’est vrai qu’on ne voulait pas qu’on s’enfle la tête, ça a fait partie de notre éducation judéo-chrétienne. Fallait pas envier les autres et en même temps, fallait pas devenir quelqu’un de «trop bien», fallait juste être comme tout le monde. Les compliments ne pleuvaient donc pas. J’entends ton enfant en toi qui est blessé mon ami, écoute-le, prends-en soin car il sera toujours avec toi, il fait partie de toi. On ne sera jamais mieux servi que par soi-même, et c’est pas facile. Merci pour ton beau partage et pour tes compliments, je t’aime aussi Ronny ! 🙂

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  2. Très beau texte encore une fois. Il est difficile de vraiment aimer quand on n’en s’aime pas soi meme

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci beaucoup Yvon ! Tu as raison pour ce qui est de s’aimer soi-même. 🙂

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