Le golf du samedi matin

Le golf du samedi matin

Je me suis couché à 3 heures du matin et j’étais debout à 7 heures 30…

J’ai oublié de fermer mes rideaux avant de me coucher et ce n’est pas grave, je me suis fait réveiller par le superbe soleil qui a envoyé quelques rayons s’étendre dans mon lit. Je leur ai cédé ma place et je suis descendu pour regarder le fleuve tout calme qui commence à peine à frissonner. Les vitres des autos sont sous le givre, mais elles commencent à laisser des traces de dégel : l’eau ruisselle sur le pare-brise…

La saison de golf n’en n’a plus longtemps avant de nous vendre des droits de jeux, la permission de fouler les allées des terrains verts aux verts qui mordent de bonne heure le matin.

J’aime, quand le matin nous sommes les premiers à laisser des traces de pas derrière nous dans le gazon quelque peu détrempé. Quand les premiers coups roulés font gicler l’eau derrière la balle qui roule vers le trou et qu’on voit le chemin qu’elle a parcouru pour se diriger dans la coupe. Lorsque le coup du bois de départ résonne dans les bois autour du tertre de départ et que la balle s’en va dans le centre de l’allée, j’aime. J’aime le golf, le matin de bonne heure.

L’air est vivifiant, frisquet au début, juste assez pour me réveiller complètement. Puis, après 4 ou 5 trous, j’enlève une couche de linge pour sentir la chaleur qui commence à prendre sa place.

Les samedis matins, j’ai ma gang qu’on nomme les «early birds». Nous jouons avant 8 heures et ça nous donne des droits de jeu à bon rabais. Je ne suis pas un lève-tôt, mais pour une partie de golf en bonne compagnie, le réveille-matin ne me fait pas sursauter. On dirait que j’ouvre les yeux quelques minutes avant que la sonnerie de l’appareil ne se fasse entendre, tellement j’ai hâte de me rendre à Granby, notre terrain de jeu.

Nous sommes, depuis plusieurs années, une bonne douzaine de joyeux lurons qui se mêlent d’une semaine à l’autre. Les foursomes se font pour que tout le monde finisse par jouer avec tout le monde. Ainsi se sont formées des amitiés solides. Il n’y pas d’enjeu monétaire. Bah ! De temps en temps, sur le dernier trou, on fait une petite gageure, à savoir qui paiera le petits jus d’après-match. Rien pour mettre une hypothèque sur sa maison…

Nous nous suivons sur le parcours, ce qui nous permet d’étirer la pipe des autres joueurs derrière ou devant. Il n’y a pas de compétition, sinon elle est amicale et disons qu’il y a des joueurs qui peuvent nous ramener une carte de 74 et d’autres, un score de 105. Je n’ai jamais entendu un joueur se plaindre de jouer avec quiconque… Le bonheur total je vous dis. Même par temps plus frisquet ou lorsque la pluie flirte avec nous pendant quelques trous, je n’entends personne se plaindre. Ces samedis sont sacrés et comme diraient plusieurs joueurs : «c’est mieux une mauvaise partie au golf qu’une bonne journée au bureau».

À chaque année, nous allons disputer des matches sur 2-3 terrains différents, question de hausser le niveau de difficulté et d’essayer une autre track. Ça fait partie de notre tradition. Nous irons jouer à Sutton, à Acton Vale et La Madeleine, peut-être à Trois-Rivières. Et à tous les deux ans, il y aura une semaine de golf en Floride, en Caroline ou en Arizona pendant que l’hiver sévira au Québec. J’ai bien l’intention d’être du voyage un de ces 4, je n’ai pas encore eu la chance d’aller passer une semaine avec les gars.

Tout le monde a le sourire lorsque nous nous retrouvons avant de commencer la partie de 18 trous. Et tout le monde a encore son sourire lorsqu’après, nous sommes assis sur la galerie du club de golf, à siroter un pichet de bière, ou tout autre breuvage non alcoolisé, mangeant un petit quelque chose. À discuter de nos pointages, à savoir lequel a le mieux joué, celui qui a exécuté le moins de coups roulés. Et ça jase surtout des coups les moins habituels ; des sorties de trappes qui finissent leur route dans le trou ; des balles qui frappent un arbre pour se retrouver au centre de l’allée ; d’une balle qui rebondit sur l’eau pour se ramasser sur le vert… Puis des blagues que tous et presque chacun a à raconter. Ça jase de la vie, jamais rien de négatif ne ressort de ce groupe que j’aime fréquenter depuis une bonne dizaine d’années.

Je joue du golf depuis que j’ai 8 ans. Ce sera donc ma 50ème année comme golfeur. J’ai joué dans des tournois, avec des joueurs compétitifs, avec des gens très sérieux lorsqu’ils étaient chaussés de souliers à crampons… Mais ce petit groupe du samedi matin, c’est MA gang à moi, ce sont des amis par-dessus tout et je ne rate ces journées que si j’ai une raison sérieuse de le faire.

Mario, Mario (je ne bégaie pas), Gilles, Gilles (et oui, encore deux) Roger, Daniel, Benoît, Jérôme, Olivier, Michel, Yvon, Sylvain et tous ceux qui se joignent à nous, si vous me lisez, sachez que les samedis d’été, depuis quelques années, sont mes journées préférées. Parce que je me sens bien en votre compagnie, vous êtes tous et chacun spéciaux pour moi, comme une petite famille quoi !

MAIS je vous avertis, ce matin 9 avril 2017, l’été qui s’en vient sera mon année ! Haha… Je n’aurai pas joué 50 ans pour rien.

Vous ai-je dit que j’aimais le golf ? 😉

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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2 Commentaires

  1. Pour moi, le meilleur est lorsque je tourne le coin et que je vois ton visage tout content lors de mes visites surprises.

    Sans parler des classiques :

    Dan à Oli :

    – Envoye jeune morveux drive le green !
    – J’ai peur de prendre mon sand wedge, je l’ai pas pratiqué (depuis 2 ans).
    – Un ptit coup de Magic 8 !
    – Hooo ça c’était une De-Rêve !

    Sans parlé de Oli à Dan :
    – Envoye vieille picouille, rentre dans balle !
    – Monte moins vite !!!
    – Vas-tu arrêter de ralentir sur tes putts !!
    – Knock knock kwock on wood !

    Très hâte de rejouer avec toi mon chum !!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      C’est vrai que je suis content à chaque fois que je te vois arriver ! Et les classiques que tu nommes, resteront des… classiques.
      Très hâte aussi de rejouer avec toi jeune morveux, hihi… 🙂

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