Le temps des Fêtes des Lapierre, jadis…

Le temps des Fêtes des Lapierre, jadis…

Mon père est originaire de Natashquan et plusieurs membres de sa famille habitaient Sept-Îles. Ça faisait loin pour nous réunir. Alors pendant le Temps des Fêtes des années 60-70, mes oncles, mes tantes et leurs enfants venaient passer au moins une semaine dans ma petite ville de Windsor, dans les Cantons de l’Est. L’été, c’était nous qui allions à Sept-Îles, plus précisément à Gallix, là où un de mes oncles avait un chalet sur le bord du majestueux fleuve St-Laurent.

Ces rencontres nous permettaient d’avoir une grande famille et nous nous amusions, autant les petits que les grands.

À Noël, nous allions chez mon oncle Didier et ma tante Denyse pour le réveillon. Je me souviens combien nous avions du plaisir à courir partout dans la maison, nous les petits, pendant que les grands jouaient aux cartes. Ça riait, ça criait de bonheur quand ça jouait au 500. Les «vieux» avaient toujours leurs duos formés d’avance. Ça créait une compétition qui se renouvelait année après année. Et ça jouait, toute la soirée et la nuit durant. Je les entends encore dire que certains trichaient, mais je n’ai jamais entendu de chicane sérieuse à ce propos. «Tu te grattes pour dire à Robert que tu as du pique !» «Lâche-toi le cœur, tu viens d’annoncer 8 cœur…» «Pourquoi tu tiens tes cartes avec juste deux doigts, en te frottant le bout du nez ?» Et on nous disait d’aller jouer ensemble, de laisser les grands à leurs affaires. Et nous sortions de la cuisine pour aller nous réfugier dans les chambres à coucher, les gars avec les gars, les filles, avec les filles. Et nous parlions de nos exploits, tout en parlant de nos cousines que nous trouvions les plus jolies. Je ne sais pas de quoi pouvaient parler les filles ?!

Au Jour de l’An, c’était chez nous que ça se passait. Les adultes jouaient au snooker dans une partie du sous-sol, les hommes je veux dire. Parce que je ne me souviens pas avoir vu une femme se frotter aux hommes. C’était comme ça, que voulez-vous ! De temps en temps, quand ils passaient aux cartes dans la cuisine, nous pouvions jouer au billard, sur la table qui était assez haute merci ! Les plus jeunes lançaient des boules avec leurs mains quand ils n’avaient pas de baguettes et ils «scrappaient» nos parties commencées. Et il y en avait toujours un pour aller dire aux parents qu’un tel dérangeait. Mais nous passions toujours l’éponge, parce qu’on nous disait que les plus petits avaient aussi le droit de s’amuser et on finissait par les accepter dans nos rangs, ils étaient de la famille !

Il y avait bien sûr de la musique chez nous, avec les instruments installés dans l’autre partie du sous-sol. Mon père jouait de l’orgue, son répertoire ne nous plaisait pas à nous les jeunes, mais les adultes chantaient pour accompagner ma mère qui était la soliste attitrée. Ben et Anna, LE duo ! Je me rappelle d’une des chansons qu’ils jouaient : «Ce soir, nous irons danser, sans chemises, et sans pantalons…» Elle me faisait rire car je ne pouvais m’imaginer que ça se pouvait pour vrai, aller danser tous nus…

À minuit, comme la tradition le voulait, mon grand-père Lapierre donnait la bénédiction à tous les enfants et petits-enfants qui s’agenouillaient pour l’occasion, la tête baissée pour recevoir ses mots. C’est «drôle», mais c’est à partir du moment où mon grand-père est décédé que ces rassemblements ont cessé… En fait, c’est à partir de là, où les familles de Sept-Îles ne descendaient plus en groupe. Quelques-uns venaient quand même, la famille rapetissait d’année en année…

Mon oncle Maurice était le plus «fou» de tous. Il aimait raconter des histoires et faire des trucs avec les enfants. Il avait une énergie contagieuse. C’était un passionné de tout ce qui était mécanique : autos, motoneige, camions et même ce qui va dans le ciel. Il avait une «gyrocoptère». Une espèce d’hélicoptère sans cabine. Dans le temps des Fêtes, il la laissait dans la cour chez nous et les voisins venaient voir cet engin qui était assez rare en ces temps-là.

Entre Noël et le Jour de l’An, nous allions au chalet de mon oncle Claude, à la Baie Fredette. Mon oncle Claude aimait aussi les enfants et il nous faisait des blagues. Mon oncle Maurice faisait faire des tours de gyrocoptère au-dessus du lac, à ceux et celles qui le voulaient bien. Ne fallait pas être peureux pour monter à des centaines de pieds au-dessus du sol avec mon oncle qui n’avait pas froid aux yeux. Je n’ai jamais été passager de son appareil, je préférais les «rides» de ski-doo avec mon oncle Claude ou mon oncle Yves.

Pour nous les jeunes, un de nos moments préférés, c’était quand on se faisait des toasts sur le poêle à bois. Aplaties à souhait, elles se mangeaient le temps de le dire, avec du beurre et un grand verre de lait. J’ai encore le goût «boisé» qui n’avait rien en commun avec les rôties de grille-pain électrique. Encore là, nous étions réunis et nous nous amusions entre cousins, cousines qui ne se voyaient que 2 fois par année… Je n’ai pas l’espace pour vous parler de la Fête des Rois, quand nous allions chez mon oncle Yves et ma tante Thérèse, d’autres moments de plaisir garanti et de partages entre cousins, cousines…

Oncle Didier et tante Denyse… Maurice, Robert, Yves, Thérèse, Claude, ma mère… De tous ceux que j’ai nommés dans ce texte, ne reste que mon père, qui ne souhaite pas fêter Noël cette année.

Nous n’avons plus les Noël que nous avions. Les enfants que nous étions, sont devenus des parents, des grands-parents… et les Fêtes se célèbrent dans les familles respectives et c’est correct. Aujourd’hui, si je raconte des bribes du passé, c’est que j’écoute des chansons de Noël et que j’ai un peu de nostalgie. Les seuls moments où je revois les cousins et les cousines, c’est lors du décès d’un des nôtres.

Papa, tante Huguette, Marcel, oncle Michel, Renée, Jean-François, oncle André, tante France, Patsy, Yannick, Kristelle, Suzanne, Luc, Hélène, Paul, Louis, Sylvie, René, Denis, Josée, Sylvain, Lucie, Michel, Manon, Alain, Nathalie, Stéphan, Guy, Jean, je vous souhaite à vous et vos familles le plus Joyeux Temps des Fêtes : SANTÉ ! Le reste viendra tout seul…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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5 Commentaires

  1. Salut Daniel, merci pour ces beaux souvenirs qui sont tiens.
    Je suis heureux pour toi, avoir des souvenirs aussi clairs que ça, je suis jaloux. Moi des souvenirs je m’excuse mais pas vraiment. Je crois que je suis comme un robot des années 60, je vis le moment présent et après il n’est plus. C’est comme si l’ordi qu’est mon cerveau n’enregistre pas mais vraiment pas. Si quelqu’un me parle de moments qu’il a vécu et que j’en faisais parti, là ça me revient mais moi seul j’en ai pratiquement aucun.
    Je suis un peu jaloux, que tu ais de si beaux souvenirs mais c’est extra. Moi si j’en ai pas peut-être que mon ordi n’a pas voulu les enregistrés parce qu’ils étaient trop moches ou souffrants, je l’ignore et ça ne me fait presque plus rien.
    La vie continue et je vis encore à 100 milles à l’heure le moment présent tout en sachant que demain, peut-être qu’il ne se soit pas enregistré en moi. Je suis intense et passionné dans tout ce que je fais ou vis et on m’aime de-même, pour certains.
    Merci encore pour ton texte

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  2. Encore …un très bon texte…Joyeux Noël Dan….

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Martial ! Joyeux Noël par chez vous. 🙂

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  3. Comme tu es un bon raconteur Dan! C’est ton rôle de raconter tout ça à ton petit-fils. Tu es maintenant le phare pour ta fille et son fils. Ça ressasse bien des souvenirs pour moi aussi, les Fêtes dans la famille Martin étaient très joyeuses: les parties de 500, la table de pool dans la cave, le stand de musique, etc.. nos familles avaient beaucoup de traditions en commun, n’est-ce pas? J’ai transmis quelques-unes de mes traditions à mes enfants mais la gang est moins grosse et nous sommes loin du Québec! Demain soir, Hugo et Chloé viendront avec moi à la messe de minuit, quelques amis se joindront à nous, ensuite le Père Noël sera passé et nous déballerons nos cadeaux..Nous continuerons la nuit avec le réveillon, exactement comme celui de maman! ( même si mes enfants n’ont jamais connu un réveillon au Québec). Nous jouerons ensuite aux cartes ou autres jeux avant d’aller se coucher avant que le soleil se lève. le jour de Noël se passe à jouer dehors. Nous avons de la belle neige cette année. Malheureusement , ma santé ne me permet pas d’aller glisser cette année. Rien ne peut remplacer la côte dans le champ à Wheeler! Quand la neige était parfaite , on descendait jusque chez M. Therrien! Un Noël, j’ai reçu une soucoupe qui volait au-dessus de la neige ! Mon père avait fait faire une traine sauvage sur mesure pour toute la famille. Ça descendait en sacrament! On pourrait s’en raconter pendant des heures, hein Dan? Merci de m’avoir donner la chance de repenser à tout ça en me racontant tes souvenirs! . Même si ça me rend nostalgique, ça me rend heureuse aussi! Joyeuses Fêtes à toi, mon cher ami! je t,aime et j’espère te revoir un jour. Sam XX

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Oh ! Quel beau message SAM ! Et tu trouves que je raconte bien… Je revois le champ à Wheeler oui, jusque chez M.Therrien…
      J’espère bien qu’on se reverra un de ces 4 et que nous échangerons sur ce bon «vieux temps». Mais comme tu dis, on a une mission : transmettre les belles valeurs à nos proches. Je t’aime aussi tsé. xx 🙂 Merci de passer ici.

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