Le tough des tough pleure

Le tough des tough pleure

J’ai déjà habité à St-Pierre-les-Becquets ! Ça ne vous dit rien ? Un petit village superbe, entre Québec et Trois-Rivières, sur la Rive-Sud, sortie Manseau-Les Becquets sur la 20, vous avez dû remarquer ce drôle de nom un jour ou l’autre… Non ?

Pas grave. C’était au début des années 80, j’étais dans la jeune vingtaine. J’avais joué de la musique à Deschaillons, qui s’appelle aujourd’hui, Deschaillons-sur-Saint-Laurent (joli je trouve). Un autre petit village coquet sur le bord du… fleuve Saint-Laurent. Il y avait là un bar où s’entassaient près de 150 personnes et c’était plein à chaque soir que nous y jouions. J’ai rencontré une fille de St-Pierre-les-Becquets et je suis allé vivre avec elle pendant 3 ans. Voilà pourquoi j’ai atterri là-bas. Intéressant n’est-ce pas ?

À l’époque, je courais les tournois de balle donnée l’été et les tournois de hockey l’hiver. Disons que j’étais pas mal dans mon peak (à 25 ans). Je vous parlerai d’un match de hockey plus précisément en commençant par vous expliquer quels étaient mes rôles, question de faire quelques paragraphes.

Je jouais dans une ligue de hockey commerciale-intermédiaire genre et je gardais les buts dans une ligue à Plessisville, la semaine. Et quand on allait dans des tournois les fins de semaine, je jouais à l’avant ou comme défenseur. Il y avait un jeune gardien qui étudiait à L’Université Laval la semaine, alors il venait garder les buts dans les tournois, car j’aimais autant jouer à l’avant que de recevoir des rondelles sur mon grand corps fragile, haha…

Comme je suis le fils de Ben Lapierre (pour ceux et celles qui connaissent ma ville natale, Windsor) j’avais un certain talent de marqueur et j’avais une excellente mitaine quand j’étais entre les deux poteaux. J’étais aussi le genre qui n’avait pas froid aux yeux mettons, différence avec mon père, le gentleman. Et comme j’étais soupe-au-lait, ça n’en prenait pas beaucoup parfois pour que je laisse tomber les gants.

C’était en 1983, j’avais 25 ans, au risque de me répéter. On jouait un tournoi de hockey dehors à Parisville, petite village pas très loin de Deschaillons. Il y avait 8 équipes. Dans le premier match que nous avions gagné 6-3 contre Deschaillons, j’avais réussi un tour du chapeau, en plus d’amasser 1 passe et j’avais cassé deux dents au fils du dentiste de Deschaillons… Bon, je dois expliquer que je n’en suis pas vraiment fier (je l’étais à l’époque) depuis que j’ai compris que ça ne sert à rien de régler la violence par la violence. Mais ce gars-là avait blessé notre capitaine dans la ligue, la semaine précédente, pendant que j’étais dans les buts. J’avais très bien vu la scène, une mise en échec près de la bande, par derrière. Au tournoi, comme j’étais à l’avant et qu’il était défenseur, nous nous sommes frottés quelques fois. Et avant la fin de la partie, il est venu me dire de lâcher les gants. Je lui ai dit que je n’étais pas André Bédard (notre capitaine de 5’8’’) et qu’il allait regretter sa demande. Deux gauches et il était au tapis glacé… Bon, tous mes coéquipiers m’accueillirent comme un héros de retour dans la chambre des joueurs, j’avais sauvé l’honneur de notre capitaine quand même !

Mais ce n’est pas vraiment de cela dont je voulais vous parler, mais non. J’en ai profité pour vous laisser savoir que j’avais du talent pour marquer et me battre, j’suis un tough de tough ! 🙂 

Nous nous sommes rendus en finale de ce tournoi, oui ! Un match serré : 2-2, direction prolongation… Nous avons failli remporter le match, avec un lancer sur le poteau, je m’en souviens comme si c’était hier. Ça résonne encore dans ma tête ; tsé l’hiver, dehors, entourés de bancs de neige à la hauteur des bandes ? Et comme ça arrive souvent, l’autre équipe a contre-attaqué et s’est postée dans notre zone. Je surveillais un joueur entre la ligne bleue et notre gardien et il y a eu un lancer frappé au ras la glace… J’ai mis mon bâton pour arrêter la rondelle et, malheur… elle a dévié dans le haut de notre filet. Notre gardien s’est fait avoir par moi. Déception totale ! J’ai brisé mon bâton sur le but, claqué la porte de la chambre des joueurs contre le mur, garoché mes gants comme un malade, j’étais hors de moi… Un tough de tough je vous dis. Malade un peu aussi…

Les gars essayaient de me calmer, de me dire que je les avais aidés à nous rendre là (j’avais été nommé joueur du tournoi) et blablabla. Je m’en voulais, c’était de ma faute si nous avions perdu etc…

Un moment donné, un des joueurs est venu s’asseoir à côté de moi. Le joueur qui ne voit pas beaucoup de temps de glace, qui ne se plaint pas, qui encourage, super fin le bonhomme. Il m’a dit : «Dan, si c’est moi qui avait fait dévié ce lancer dans notre but, m’en voudrais-tu ?» Et moi de lui répondre que non, bien sûr. «Alors, pourquoi tu t’en veux à toi ? Tu es dur avec toi-même je trouve…»

Je m’en souviens très bien, les larmes m’étaient montées aux yeux, c’est la première fois qu’on me parlait dans ce genre de langage. TU ES DUR AVEC TOI-MÊME ! À l’époque, malgré que j’étais le genre Peace and Love (croyez-moi), je ne me battais pas avec les autres, je me battais contre moi-même et les autres héritaient de mes sautes d’humeur. Le tough des tough qui pleurait devant ses coéquipiers, même ça j’avais eu de la misère avec… J’avais tourné le tout à la blague et la bière était bonne. Je peux vous dire que ce gars-là, qui m’avait parlé, je l’ai toujours aimé…

Ben coudonc, un autre texte écrit spontanément, à partir de souvenirs du temps où ma vie était un peu houleuse. Me reste à vous souhaiter de très Joyeuses Fêtes et de vous dire de prendre soin de VOUS, de votre propre personne. Personne ne le fera mieux que vous-mêmes. À bientôt, merci de m’avoir lu. Peace and Love, hihi…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

Partager cet article sur

4 Commentaires

  1. Salut Dan bon texte comme d’habitude. Ça me fait toujours plaisirs de te lire. Passe un joyeux temps des fêtes. Beaucoup de bonheur avec ta famille.

    Laisser une réponse
    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Sylvio ! Joyeux temps des Fêtes par chez vous aussi. 🙂

      Laisser une réponse
    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Yvon, ça me touche ! Passe de Joyeuses Fêtes ! 🙂

      Laisser une réponse

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *