Les musiciens exploités

Les musiciens exploités

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des textes qui décrient certaines réalités, mais je suis directement touché par ce que vit une catégorie de travailleurs…

De nos jours, pour pouvoir jouer de la musique devant des gens, il faut soit se produire soi-même (investir et risquer de payer pour jouer) ou souvent aller jouer pour des restaurateurs, des gens qui ont des salles, qui offrent des salaires ridicules.

J'ai su qu'il y a des gens qui offrent 75 $ à des professionnels (trio) pour qu'ils aillent jouer dans leur resto où ils vendent des bons vins. EN PLUS, ils exigent que les musiciens doivent, pour recevoir ce 75 $ pour 3, emmener une clientèle de minimum 25 personnes. SANS pour autant avoir une cenne de plus ! ET, attention, insulte suprême, qui demandent aux clients de payer un cover charge (un prix d'entrée). En 2016…

 Calvaire (excusez le mot) mais c'est de la pure méprise envers des artistes, non ? Ils ont l'impression de bien payer pour une heure et demie de show, ça donne quand même 16,67 $ de l'heure qu’ils pensent. Haha ! Mais tu te tapes le trajet, tu montes ton équipement, joues, re-démontes, retournes chez toi. Des journées de 8-10 heures et plus parfois. Ça fait 2,50 $ l'heure, sans compter l'essence... Qui voudrait gagner sa vie comme ça ?

 HEUREUSEMENT, il y a encore de bonnes productions qui paient bien son monde, elles se font de plus en plus rares. Mon but n'est pas de décourager les musiciens (nes). Sauf que...

Y a tellement de bons musiciens qui ne vivent pas bien de leur passion, passion qui fait vibrer les gens. Combien de fois ai-je entendu : « j'aimerais ça avoir ton talent et pouvoir jouer devant des gens » ? Je ne suis pas un professionnel, je le suis presque devenu avant que les séquences enregistrées remplacent les vrais musiciens... C'est correct que ça existe, quand c'est bien utilisé. Mais, je préfère jouer de la musique « organique ». Ce mot pour moi veut dire AVEC d'autres musiciens, interaction plus amusante qu'avec des machines. J'ai alors sacrifié une partie de ce talent, qui est demeuré limité, pour devenir orthopédagogue, enseignant surtout les maths, question de « vivre ». La sécurité, quoi.

J'aurais passé ma vie à faire de la musique ; MA passion. J'imagine ceux et celles qui vivent de cet art qui fait rire, pleurer, sourire... Qui aide à passer de bons moments, à patienter quand on est pris dans le trafic, à passer la balayeuse joyeusement... TRISTE, le mot qui me vient spontanément. Chapeau aux musiciens, aux artistes ! Faudrait que la dignité tienne tête aux exploitants sans scrupules. Après, on dira qu'il y a du talent qui se gaspille... Je dirai que de crever de faim n'est pas stimulant et les artistes ont un besoin VITAL d'être stimulés.

On a bien beau dire que les applaudissements, ça vaut une paye, mais aux prix que la plupart des musiciens et des musiciennes gagnent, ces applaudissements ne suffisent alors qu’à mettre du beurre de peanuts sur la table… Mais n’arrêtez pas de les applaudir pour autant !

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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