Ma ligue de hockey du samedi soir

Ma ligue de hockey du samedi soir

3 h 00 pile, dimanche matin…

Je suis revenu chez moi vers une heure du matin. Je suis allé arbitrer un match de hockey dans une «ligue de garage» à Marieville. Des amis que je côtoie depuis une quinzaine d’années. Des gars avec qui je jouais dans le temps. J’ai changé de rôle parce que j’étais trop agressif comme joueur. Depuis que j’ai le rôle de celui qui donne les punitions, j’ai changé mon attitude. Je m’habille avec les joueurs et après les matches, je donne la main à chacun des joueurs des deux équipes. Il s’est créé une forme de respect mutuel. Je suis mal à l’aise de donner des punitions tellement ce sont mes amis. Mais jamais ça ne rouspète quand je passe à l’action.

Je suis seul à officier les parties du samedi soir 22 heures. Je ne me traîne pas les pieds sur la patinoire. Je patine en suivant le jeu, donnant des punitions, sifflant les hors-jeux, mettant les mises au jeu… Je fais tout ce que trois officiels feraient normalement. Et je ne me plains pas, je suis un des participants qui suent le plus après une partie. Mais, je ne pue pas, haha…

Après le match, ça prend une bière, ça jase, ça rit, ça s’envoie des p’tites «craques» : le plaisir est au rendez-vous. Des amis je vous dis.

Quand je touche la glace avec mes patins, je retombe comme en enfance. J’ai toujours aimé ce sport qui est le nôtre. J’aime les sons qu’il y a sur une patinoire : patins qui freinent, rondelles dans les bandes, sur les poteaux, dans le filet. Le bruit de la rondelle qui frappe les bâtons, les cris des joueurs sur la glace, sur les bancs...

Lorsque je reviens chez moi, je ne peux dormir immédiatement. L’adrénaline coule encore 2-3 heures après que le dernier coup de sifflet s’est fait entendre.

Pendant les 90 minutes de la partie, rien ne pourrait me déconcentrer. Je déconnecte de la réalité et mon cerveau est concentré sur le jeu. Tout va vite, je suis loin de mes soucis, loin de ma solitude. Je suis avec ma gang. De temps en temps, quand il y a de l’animosité entre les adversaires (c’est rare, mais c’est un sport rapide quand même), je parle aux joueurs impliqués, je leur demande si tout est correct, les esprits se calment vite. Du respect dans cette ligue, c’est ce qu’il y a de plus beau.

15 parties pendant la saison. Lors du dernier match, nous le disputons à St-Hyacinthe, avec de la musique, des spectateurs, les familles des joueurs, le samedi après-midi les gens viennent. Et après ce dernier match de la saison, nous nous réunissons dans une salle communautaire et nous partageons un repas entre les participants et leurs familles, leurs conjointes… Puis ça jase, ça se rappelle des anecdotes. L’organisateur nous fait un petit speech sur la belle saison qui se termine et nous le remercions. Puis, place à notre tournoi de poches annuel. Les grosses boîtes avec un seul trou sont installées à chaque bout et nous tirons les équipes au sort. Puis on se met à chialer un peu parce qu’il y a des duos qui nous paraissent «trop forts pour la ligue». Haha…

Ah ! Après le souper, le fils d’un des joueurs nous fait des trucs de magie. Il est très fort le jeune homme. Il aimerait faire carrière comme magicien et il nous sort des tours de passe-passe de plus en plus forts chaque année. Nous passons le chapeau pour lui remettre une paie qu’il mérite bien. Il sait animer cette partie de la soirée. Son père est fier de lui et le jeune est souriant.

Toutes ces personnes, je les connais depuis plusieurs années. C’est comme une grande famille pour moi, le solitaire. Pour que je manque une de ces soirées, il faut qu’il y ait quelque chose d’important ou que je sois vraiment malade. Ça fait partie de ma vie sociale et je ne voudrais pas m’en passer.

J’ai écrit ce texte pour le faire lire à mes amis de la ligue. Pour qu’ils sachent à quel point je suis bien avec eux. Je suis choyé de faire partie de cette belle gang.

Vous qui me lisez régulièrement, vous aurez su ce qui me tient en vie l’hiver !

Mario Blanchette, Gilles Blanchette, Gilles Gosselin, Jean Beaudry, Sylvain Beauregard, Sylvain Benoît, Marc-André Brunelle, Guillaume Brunelle, Raphaël Lachance, Daniel Champagne, Yvan Richard, Sylvio Jacques, Jean-Sébastien Palardy, Alex Dion, Francis Dion, Maxime Lepage, Jean-François Bélisle, Daniel Fréchette et tous les autres réguliers ou remplaçants, je vous dis merci d’être qui vous êtes. Vous êtes tous importants à mes yeux…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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