Mon coin de pays préféré

Mon coin de pays préféré

C’est fou comme l’odorat nous remémore souvent des souvenirs. Je sors d’un Spa et j’ai l’impression que mes mains sentent comme si je venais d’aller me tremper dans la mer. Et pour moi, la mer, c’est le fleuve Saint-Laurent, là où on le perd de vue à l’horizon. Et je me rappelle que…

À chaque année, à la fin de l’été, nous allions passer quelques jours à l’Isle-aux-Coudres. C’était notre petit coin de pays préféré. Charlevoix, ses montagnes et le fleuve qui ressemble à la mer. Au motel l’Islet, le moins cher de tous mais le mieux situé. Avec vue sur Baie-St-Paul et les aurores boréales toutes petites mais colorées…Le soir, la petite ville le long de la côte, se voyait aux scintillements de lumière de ses maisons.

À l'Isle-aux-Coudres, la branche de coudrier est utilisée par les résidents de cette région pour prévoir la température du lendemain, l'objet se courbant différemment selon la pression atmosphérique. Son usage est une tradition qui se perpétue de génération en génération, contribuant à l'enracinement…C'est bon de savoir. J’ai déjà voulu m’y enraciner.

Sur l’île, on passait devant une petite école primaire et j’aurais eu envie d’y enseigner. La mer étant de l’autre côté de la route, ça devait sentir l’air salin dans les classes à l’odeur de craie. Me semble que j’aurais vécu insulaire quand j’étais là-bas. Je m’imaginais jouer sur le petit terrain de balle-molle, entouré d’estrades en aluminium, avec les gens de la place. J’imaginais ma blonde, assise sur les bancs, encourageant mon équipe et les amis que j’aurais eus. Je rêvais de vivre dans une petite maison bleue et blanche, avec un gros berger anglais comme toutou qui courrait tout joyeux quand quelqu’un viendrait nous rendre visite…

De l’autre côté de l’île, il y avait une plage au mélange de sable et de fines roches. On allait y construire notre chez nous, avec des pierres un peu plus grosses et nous inventions notre avenir. Comme des enfants l'auraient fait. Il y avait comme de la poésie dans l'air du fleuve, que nous respirions... 😉 

Une fois, nous avions passé l’après-midi avec une mouette que nous avions appelé «Grognon» ; parce qu’elle éloignait les autres oiseaux de nous. Le torse bombé et les cris saccadés faisaient le travail pour celle qui marchait vite. Nous l’avions adoptée, elle nous apparaissait sympathique !

Au bout de l’île, on allait à une centaine de pieds du rivage, avec des bottes d’eau, pour retrouver un rocher qui attendait la marée montante pour se cacher. Le vent était fort. Même en criant contre les bourrasques, l’autre ne nous entendait pas. Ma cigarette grillait rapidement… Que j’aimais le vent de la «mer». Je l’aime toujours…

Sur une autre rive du fleuve, on voyait très bien pourquoi le village plus haut sur la côte avait été baptisé «Les Éboulements». Le paysage n’était pas trop trop d’équerre mettons.

À la fin d’une journée, j’avais rougi, aidé par le soleil et le vent. Je sentais une bonne chaleur, j’avais les cheveux ébouriffés et j’étais bien. Mes mains sentaient l’eau salée et j’aime cette odeur sur ma peau.

Bien des années plus tard, j’avais emmené ma fille et sa best pour y passer 3 journées. C’était durant l’été. Le premier soir, nous avions couché au Motel l’Islet. J’avais loué un petit motel pour les deux fillettes de 11-12 ans. Elles étaient tellement contentes de pouvoir dormir ensemble, seules, comme des grandes.

Le lendemain matin, je voyais, de ma chambre, ma fille qui descendait des rochers dans une pente. Le temps de lui dire de faire attention qu’elle dérapait sur un des rochers. Elle s’était fait mal au genou et avait déchiré son jean. Allant à sa rencontre, je la voyais pleurer. Le mal passait deuxième, derrière un : «ma mère va être déçue que j’aie déchirée ma nouvelle paire de jeans…» Je la rassurais en lui disant qu’on en achèterait une autre paire. Je la vois encore essuyer ses petites joues…

Le deuxième soir, nous avions loué une belle grande chambre à l’Hôtel Cap-Aux-Pierres. Plus dispendieux, mais équipé d’une piscine chauffée à l’eau de mer. À l’intérieur, une salle de jeu où nous avions joué au ping-pong et au billard. Dans l’après-midi, nous avions passé la journée à la piscine. Je regardais ma fille et son amie s’amuser dans l’eau et je souriais. Elles aimaient l’île elles aussi.

Une autre année, avec mon frère et ma fille. Nous étions allés à Tadoussac pour voir les baleines et nous en avions vu. Des bélugas et des phoques aussi. Deux belles journées ensoleillées.

À vrai dire, je ne me souviens pas d’une journée où il ne faisait pas beau sur l’île. La chance nous a toujours souri quand on allait là-bas.

L’Isle-aux-Coudres… Je retournerai te voir, c’est certain. J’aime ton odeur et ton vent. Tu m’enivres à chaque fois ! 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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1 Commentaire

  1. Je sais de quoi tu parles mon Dan nous sommes allé à Baie St-Paul en 2010 quand on a eu notre auto neuve. C’ était tellement beau.Les soirs nous marchions sur le bord du fleuve et on regardait les peintures dans les galeries d’art. En passant beau texte😉

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