Mon dernier mot pour Moman

Mes derniers mots pour Moman

Une enfant tu étais… Avec ses blessures, qui souffre dans la solitude.

Effacée… En étant fière pour les réussites des autres

Généreuse… De ton temps, tu pouvais donner tout ce que tu avais. Nous n’avons jamais manqué de rien. Si un de nous avait encore faim et que les chaudrons étaient vides, tu disais que tu n’avais pas beaucoup d’appétit et tu remplissais l’assiette de l’autre.

Nous avons toujours été très convenablement vêtus : je me rappelle combien c’était important que mon petit habit de p’tit gars de primaire soit prêt pour les photos scolaires.

Tu prenais des nouvelles, me demandant comment j’allais, me parlant de mes frères, de ma sœur. Et nous parler de toi, de comment tu allais, si je ne le demandais pas, on aurait pu raccrocher sans que tu n’aie dit un seul mot de toi. Encore là, tout était toujours correct… «C’est correct Dan» !

La famille était importante pour toi. Même si parfois, j’en ai douté (c’était dans ma tête) aujourd’hui, je me rends compte que j’ai toujours su que tu m’aimais.

Tu étais fière de parler de nous devant les autres.

Parler de ma mère… Si j’improvisais, je me disais que ça sortirait facilement parce que je la connaissais très bien. Mais après 6 jours à vivre sans elle, en me rappelant plein de petits et de grands moments de vie avec cette femme généreuse qu’était Moman, je me serais perdu dans des histoires courtes que je n’ai jamais été capable de conclure. Et avec les émotions du moment, je me suis dit que je vous aurais probablement perdus en ne finissant pas la moitié de mes phrases. Alors j’ai écrit, pour lui parler devant vous.

Maman, en apprenant ton départ, j’ai reçu tout un coup. Dans le front, dans le plexus solaire et dans les genoux : un seul coup, mais un énorme coup. Plein de souvenirs se sont bousculés dans ma tête et j’ai essayé de comprendre, de rationaliser, de me dire qu’un jour ça allait arriver, mais je n’étais pas prêt. L’aurais-je été un jour ? Pas sûr…

En écoutant mon cœur, j’ai mieux saisi l’importance que tu avais pour moi.

Moman, je te revois qui me parle de la beauté des fleurs, des arbres, des rivières, des ruisseaux, pendant que nous marchions dans le champ derrière chez-nous. Quand je me rends compte que je suis encore capable de m’émouvoir devant un beau coucher de soleil, c’est à toi que je pense aussitôt.

Tu écrivais des chansons et tu les envoyais pour obtenir les droits d’auteur. J’ai eu la chance de les lire et encore plus, pour moi c’était un privilège quand tu me demandais de les mettre au propre. Parce que ta main gauche on avait souvent voulu te l’enlever, à coups de règles pour que tu sois comme les autres, normale, droitière… Tu n’es pas allée longtemps à l’école et je comprends, j’aurais abandonné vite si on m’avait forcé à être comme ils voulaient. Et j’ai souvent rêvé d’être gaucher, peut-être parce que je voyais une différence dans la façon d’être de ma mère. Mais aussi loin que je puisse remonter, tes textes, les cartes que tu m’envoyais, étaient écrits presque sans faute.

Quand un geai bleu se montre dans le décor, je pense toujours à toi qui les aimais ces oiseaux colorés. Il y en a un dans la cour chez moi depuis que tu es partie. Tu viens nous rendre visite… Tu es toujours la bienvenue chez moi. Veille sur nous tous Moman, je t’aime et tu laisses un grand vide… Merci pour tout Mom !

Fière et humble, c'est comme ça que je me rappelle de toi. 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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12 Commentaires

  1. Ouf! J’ai les yeux larmoyants, j’arrive à peine à taper les lettres…. Tu parviens toujours à toucher nos cordes sensibles avec tes mots si bien choisis quand tu nous racontes tes histoires, tes émotions . Je pourrais aussi bien dédier cette lettre à ma mère tellement la ressemblance de tes sentiments à l’égard de la tienne sont réciproques aux miens. Tu as le don de laisser parler ton coeur.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Bridge ! Si j’ai le don de laisser parler mon coeur, tu l’as aussi mon amie. xx 🙂

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  2. Daniel-Nicolas Lapierre

    C’est beau ce que tu écris mon ami Hélène ! Oui, on fait pareil avec les nôtres. xx 🙂

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  3. les mots du coeur pour sa mere, l,amour en retour c,est si peu pour consoler le depart….mais ils sont nécessaire …. la lecture de ton texte m,a tellement touché, moi aussi je l,ai connu un ti peu ta maman, elle était et sera toujours belle, et généreuse, elle a su vous aimer de toutes ses forces…. maintenant c,est a notre tour de faire pareil avec nos enfants et petits enfants…..

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci mon ami Oli ! Content de t’avoir revu hier. À samedi prochain. 🙂

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  4. Elle peu être fier de son fiston. Un bel hommage et des belles photos. Bonne journée.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci beaucoup Gilles. C’est bien gentil. Bonne journée à toi ! 🙂

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  5. Tu as le verbe facile Dan, tu rends bien hommage à cette femme qui fut ta mère. Moi je l’ai bien connue, elle était formidable, débordante de folie. J’aurais aimé que ta mère fusse la-mienne, si encourageante comme tu le dis si bien.
    Je pense souvent à elle, plus souvent qu’à la-mienne.
    On en a eu des discussions au bar entre autre. Je me sentais comme un ami pas comme un client ni un neveu.
    Cette dame m’en a fait faire quelques folies dans ma jeunesse.
    Salut Anna et merci Daniel pour ce texte.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci mon ami-cousin. Je suis certain que tu avais une belle place dans le coeur de ma mère, tout comme tu en as une dans le mien.

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