Mon voisin d’en face

Mon voisin d’en face

Trois journées d’affilée où je réussis à aller prendre une marche sur le bord du majestueux fleuve Saint-Laurent, mon voisin d’en face.

D’où je suis assis pour écrire, je vois, au large, des moutons blancs tellement il vente fort aujourd’hui. On dirait des bélugas qui sortent de l’eau en tournoyant sur eux-mêmes… (Quand je regarde loin loin là…)  Le cours d’eau me donne l’impression de frissonner aujourd’hui ! La lumière du soleil à travers les nuages, lui donne la couleur d’un gris comme on le voit l’hiver. Et la couleur du ciel qui le rencontre tout au fond est d’un magnifique gris pâle, ce qui rend le fleuve encore plus foncé.

Ça m’a toujours intrigué tout ce qui peut se cacher sous l’eau, quand c’est plus grand qu’un ruisseau. Quand c’est profond comme le fleuve, la mer, l’océan. Des poissons sûrement, des déchets sans en douter, des carcasses de bateaux qui ont sombré un jour ou l’autre… Des corps qui n’ont jamais pu remonter à la surface !

Je le vois, ce fleuve, à tous les jours, quand je suis ici (souvent) et il est tellement différent d’une journée à l’autre. Tantôt, tellement calme qu’il est le reflet symétrique du bord des Îles de Boucherville, juste en face de chez moi. En été, il sert aux plaisanciers qui le font divaguer, ramenant par ici des vagues plus ou moins hautes, qui font tanguer la vingtaine de voiliers amarrés à la marina de Mesy. Ces voiliers qui, présentement, sont entreposés çà et là sur le terrain de la Marina… Ils disparaîtront bientôt sous la neige qui s’accumulera sur leurs charpentes.

L’hiver, l’eau du Saint-Laurent gèle, un peu plus vers Montréal, permettant aux chevreuils de le traverser pour venir manger dans les cèdres des habitants de la rue Marie-Victorin. Quelques pêcheurs sur la glace, se font des bancs avec des bottes de foin. Un arrêt de plus pour ces chevreuils qui, pour la plupart, peuvent retourner sur leur île. J’ai bien écrit pour la plupart, car de temps en temps, j’ai vu de ces bêtes qui «dormaient profondément» sur le bord de la route Marie-Victorin, le temps qu’un camion vienne ramasser leurs carcasses… Moi, quand je les vois, je m’arrête sur le bord de la route… Je m’en voudrais tellement d’en frapper un, surtout dans une zone de 50 km/heure !

Le printemps, les glaces qui descendent vers Québec, ramassent tout ce qui se trouve sur leur chemin, traînant des parties de terrain ravagés, des bouts de berge effritée : des branches, de l’herbe, des arbrisseaux qui se tiennent tant bien que mal aux énormes glaces qui dériveront encore longtemps j’imagine… Le courant est fort au printemps et l’eau est haute.

Je ne vous ai même pas parlé des couchers de soleil qui m’ont fait sortir mon appareil-photo à 100$ ? Ces moments de pure beauté où j’aurais le goût d’aller m’équiper solide, pour rendre justice à ce que je vois. Des couleurs qui sont sûrement impossible à imiter, tellement elles sont pures, tellement elles changent vite, à la tombée du jour, quand le soleil descend doucement dans l’eau… Des orangés, des roses, des rouges, des mauves, des violets… Je ne connais pas très bien toutes les couleurs, mais quand elles viennent de la rencontre du ciel et de la terre, elles sont d’une beauté rare. Et les gens s’arrêtent devant chez moi et ailleurs sur le bord de l’eau, pour prendre des photos. Imaginez, j’ai ça en pleine face, moi ! Et l’habitude me fait souvent oublier de regarder ce spectacle naturel… Après plus de 16 ans ici, il y a des choses que je ne remarque plus.

Trois journées d’affilée à prendre une marche sur le bord du fleuve… Rien d’extraordinaire pour le moindre marcheur. Mais pour moi, qui s’arrange pour en faire le moins possible vis-à-vis ma propre personne, c’est énorme et ça me rappelle qui est mon voisin d’en face. Un voisin que je devrais côtoyer beaucoup plus souvent, tellement il est accueillant et aidant… Tellement il peut m’inspirer, quand je prends le temps de le visiter.

Ce soir, j’y vais pour une quatrième en quatre jours, et puis ce sera cinq, six… Ne faut pas que je m’arrête. Un pas à la fois, tout près de mon voisin d’en face, toujours prêt pour mes visites ! 🙂 Merci mon ami…

 

 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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1 Commentaire

  1. On dirait une berceuse tellement ta description coule en douceur…ça fait du bien à lire.
    xx

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