Narcisse et moi

Narcisse et moi

«Mes problèmes ont commencé quand ma mère avait 6 ans».

Je disais ça quand on me demandait comment j’allais et ça faisait rire les gens qui entendaient ma réponse. Y en a même qui disaient que ça ne se pouvait pas ! Du monde qui calcule vite et bien que je me disais, pour ne pas leur dire qu’ils n’avaient pas saisi 😉 On en restait là !

Dans ce temps-là, je n’aurais jamais osé dire que je n’allais pas bien, de peur d’être rejeté par ceux et celles qui ne s’entourent que des bien-portants. De peur que l’on découvre que j’avais des faiblesses. Comme tout le monde ? Non ! Moi, j’étais plus faible que le plus faible des faibles, puisque tout tournait autour de mon nombril lorsque l’anxiété ou la dépression venait me rendre visite, sournoisement : égocentrisme… Oh ! Je les sentais venir les moments de fragilité, tout dépendant le mois de l’année, ou les événements de ma vie : crainte de manquer d’amour, insécurité financière, blessure narcissique…

Vous connaissez le mythe de Narcisse ? L’homme qui à force de se mirer et de s’admirer dans l'eau d'un étang finit par tomber dedans et s'y noyer ? Le narcissisme c’est donc cet excès de contemplation de soi-même et la complaisance que l'on peut éprouver à cette contemplation. C'est une incapacité à se voir tel que l'on est mais seulement tel qu'on s'imagine.

Je connaissais Narcisse, même si je ne suis jamais allé à l’école avec lui. Alors quand, en thérapie, mon psychologue me disait que j’avais des blessures narcissiques, il y a quelque chose qui montait en moi, comme une colère et/ou une tristesse. Je ne voulais pas qu’on me voit comme celui qui se trouvait si beau, moi qui ne me suis jamais trouvé tellement attirant physiquement. Mais mon psy prenait la peine de m’expliquer que le narcissisme et les blessures narcissiques, quoi que venant du même mot, ne signifiaient pas exactement la même chose.

En psychanalyse, une blessure narcissique est liée à une prise de conscience. On réalise soudain que l'image qu'on a de nous-même ou de quelqu'un de notre entourage est erronée. Cette prise de conscience peut entraîner une perte de confiance en soi importante et conduire à la dépression.

On peut dire que le narcissisme est blessé lorsque…

  • il y a un manque d’estime de soi, parfois même un mépris de soi
  • il y a un déficit d’amour de soi
  • il y a une mauvaise image de soi (trop négative ou fausse)
  • il y a le sentiment de ne rien valoir (ou pas grand-chose)
  • il y a de la difficulté à se sentir important
  • on ne se trouve pas intéressant
  • il y a un sentiment de honte
  • il y a tendance à «s’auto-culpabiliser»
  • il y a remise en question de sa propre personnalité
  • on se compare sans cesse à d’autres personnes
  • on n’a pas confiance en soi
  • on se pose souvent ce genre de questions :

 

« Suis-je vraiment à la hauteur ? »

« Qu’ai-je de moins que lui ? »

« Que va-t-on encore me reprocher ? »

« Pourquoi ne s’intéressent-ils pas à moi ? »

« Ce sera encore de ma faute… »

Je peux sans hésiter, vous dire que tous ces sentiments m’ont collé à la peau, un jour ou l’autre.

Ça pourrait paraître complètement exagéré pour certaines personnes qui pensent bien me connaître, parce qu’elles m’ont vu performer dans le sport ou dans la musique et même à l’école. J’avais du talent dans ces domaines, j’en ai encore un peu, je dois reconnaître, sans vouloir rehausser mon estime de moi qui est à un niveau acceptable, maintenant ! Parce que pour plusieurs personnes, je ne pouvais être quelqu’un qui avait une faible estime de soi, puisque j’étais «bon» dans plein de choses. On m’a même traité de frachier tellement je dégageais le gars au-dessus de ses affaires. Je cachais mes imperfections…

Qui n’a pas eu de carapace pour se protéger ?

Pour moi, la meilleure défensive aura toujours été l’offensive. Alors, je parlais beaucoup pour ne pas qu’on me pose de questions qui m’auraient obligé à révéler mes «faiblesses», à me laisser connaître profondément. J’étais superficiel avec certaines personnes et plus le temps avançait et plus j’étais en confiance avec d’autres, je me laissais découvrir tranquillement… Dois-je vous dire que je me trouve plus beau habillé que tout nu ? Haha… Aujourd’hui, je me suis sacré à poil devant vous qui me lisez…

Question de ne pas trop dramatiser, disons qu’avec les thérapies, surtout ma dernière qui a duré 3 ans et demi, j’ai compris bien des choses qui seraient longues à décrire. J’ai appris à m’accepter comme je suis, imparfait et c’est tant mieux. J’ai compris que personne n’est responsable de ce que j’ai été, de ce que je deviens. Moi seul ai le contrôle de mes émotions (malgré que parfois…), de mes pensées, de mes réactions. Je suis seul dans la peau que j’habite.

Je comprends que le présent est ce qui compte et que mes blessures cicatrisent. L’anxiété et la dépression me touchent encore, bien moins qu’avant.

Je pourrais dire que ces blessures proviennent de mon enfance et accuser mes parents ou mes enseignants qui auraient bien malgré eux oublié de m’enseigner la confiance en soi, mais je ne juge personne, sachant bien que chacun d’entre nous a un vécu et des expériences différentes avec la vie, avec les autres, et surtout avec lui-même.

Je fais la paix avec moi-même et je vous laisse en paix ! Haha… 🙂 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

Partager cet article sur

2 Commentaires

    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Sylvio ! J’espère que tu vas bien. 🙂

      Laisser une réponse

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *