Questionnement

Questionnement

Tantôt, j’ai marché jusque dans mon bureau pour me rendre compte que j’avais oublié mes lunettes dans la cuisine. Je suis retourné bien smooth et je suis allé les chercher. En m’y rendant, un gros 20 pas à faire, je me suis souvenu qu’il y a eu des périodes dans ma vie où je serais retourné les chercher en sacrant, en maudissant la terre et la vie… Ça m’a donné tout un coup.

Premièrement, ça m’a dit que j’avais évolué positivement depuis des années et en même temps, je n’en revenais pas que j’ai pu être aussi négatif et mal dans ma peau.

Là, je me demande si j’aurais dû inverser les deux remarques du paragraphe précédent… Parler du positif avant le négatif ou l’inverse ? Ha haha… Ça va loin dans ma tête hein ?

Mais de ce 30 secondes dans mon cerveau, il s’est dégagé ce que je vais écrire, pour la première fois, spontanément. J’ai pensé que…

Tout avait rapport avec le travail que je faisais. Parce que j’ai eu plusieurs jobs dans ma vie. J’ai aussi eu plusieurs conjointes dans cette vie. Elles avaient toutes quelque chose pour que je sois heureux et comblé, je ne parlerais pas en mal d’une de mes ex… Rapport ? Elles sont (presque) toutes parties, plus ou moins tard, en finissant par voir un gars qui n’aimait pas ce qu’il faisait dans la vie. Je me levais en chialant : « crisse de vie plate » et j’allais bosser chez Brown Shoe (je faisais une partie de la chaussure), Robert et Robert (je faisais des moustiquaires), Domtar (journalier) Purolator (je livrais 90 colis par jour) Demers Express (pompiste et puis commis de pièces, moi qui ne connais pas la mécanique)…

Un moment donné, une fille s’écœure. J’oubliais que j’étais en couple, tellement je n’étais pas bien où j’étais, tellement je n’aimais pas ce que je faisais, mais je dois dire que je faisais bien mes jobs quand même, jusqu’à les lâcher… après que mes blondes m’aient lâché. Fascinant quand même de se rendre compte que dans son mal être, on oublie qu’il y a quelqu’un avec nous. On devient quelque peu égocentrique, tout tourne autour de son nombril et de ses bobos puis tout devient noir et sombre. C’était mon cas du moins…

Je dirais que la femme qui a été la plus « choyée » par moi, fût celle qui était avec moi pendant que j’enseignais. Parce que j’aimais enseigner. Je me donnais corps et âme au travail que je faisais et je revenais à la maison, joyeux. Mon couple allait bien. Avec le temps, ça s’est gâché un peu. Avec la dernière Déforme scolaire… Je ne croyais plus au métier d’enseignant, ne croyais plus à ce qu’on me demandait de faire, avec 6-7 « clientèles » différentes dans mes classes. J’ai commencé à me lever à reculons, à bouder ma blonde. Je remettais ma carrière en doute, ma blonde demandait qu’on regarde où on s’en allait… Puis j’ai décidé de prendre ma retraite, mais je n’étais pas vraiment prêt à me retrouver, à 55 ans, chez moi, à ne rien faire. Ma blonde travaillait elle, mes amis aussi… Je me suis isolé chez moi, devenant de moins en moins sociable. Pourtant… Qui ne rêve pas à sa retraite ?

12 ans de couple à l’eau, je décidais de quitter ma blonde pour retourner vivre dans mon patelin, question d’avoir une vie sociale plus remplie.

Et j’ai trouvé une blonde de par chez nous. Et je suis allé vivre chez elle. Et en même temps, j’ai retrouvé de vieux amis avec qui j’allais jouer au golf régulièrement, avec qui je passais beaucoup de temps. Ma blonde, golfeuse ET retraitée comme moi, trouvait ça plate que je sois moins souvent avec elle qu’avec mes chums de gars. Et petit à petit, elle demandait où on s’en allait comme ça, que ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait dans une vie de couple de retraités, qui avaient tout le temps devant eux… Ça n’a pas duré un an…

Là, la question qui se pose dans vos têtes, ou dans la mienne du moins c’est : « mais est-ce que c’est vraiment ce que je faisais comme travail qui faisait que mes blondes se tannaient de moi ? » Ou peut-être une autre question : « est-ce que je sais quoi faire pour qu’une vie de couple dure… éternellement ? »

Peu importe la réponse, je me penche sérieusement là-dessus. Car là, je suis retraité, libre, j’ai du temps, j’aurais envie de partager quelque chose avec quelqu’une…

Je suis bien dans ma peau, je suis souriant, je suis très patient, j’aime m’amuser, je ne suis ni pauvre ni riche, j’ai la santé, je peux retourner dans la cuisine chercher mes lunettes sans broncher… Maintenant!

Cibole, j’ai tout pour être bien non ? J’en suis conscient.

Voilà, tout ça, c’est parti d’un simple oubli de mes lunettes dans la cuisine, pour me rendre compte que je suis bien mieux que j’étais dans l’temps, ha haha…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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1 Commentaire

  1. Salut Dan, j’adore ton texte et le comprend tellement ! Il me semble qu’en vieillissant, la compréhension des choses nous vient plus facilement, tellement qu’on se retrouve avec plusieurs facteurs possible d’un évênement. Nos rétrospections sont plus critiques et plus fréquentes. Et souvent, les personnes conçernées te donneront une raison complètement à l’opposé de tout ce que tu as cru croire ou comprendre! C’est la magie des personnalités! Je te remercie de ce beau texte si rafraichissant en comparaison de toutes ces banalités que l’on peut lire! On sent la profondeur et la franchise.

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