Scène 2 Prise 143…

Scène 2 prise 143…

Un beau bonjour à vous qui me lirez. Il est 6 h 19 du matin et je me lève. Rien pour écrire à sa mère me direz-vous ? Ah ! C’est que vous ne me connaissez pas encore, que je vous répondrai. Parce que je suis un oiseau de nuit, voyez-vous ? «Normalement», j’irais me coucher à l’heure qu’il est…

Et non, je n’ai pas fait la culbute... Euh, bah, enfin… je vous avoue (chuttt) que j’ai essayé, mais j’ai trouvé ça difficile. La première fois, j’ai atterri sur le plancher de bois franc, solide. La deuxième fois, je me suis ramassé à la verticale, le dos accoté sur la tête du lit et les jambes dans les airs : j’ai frappé un mur comme on pourrait dire. C’est qu’à 6 pieds 1, 215 lbs (je suis encore dans le vieux système anglais) un lit Queen (anglais, je vous dis) ce n’est pas assez grand, merde ! Puis, je me suis rappelé que le vieux truc de grand-mère disait : «faire faire» la culbute. OK ! On ne doit pas la faire soi-même, mais se la faire faire. Deux faire de suite implique au moins une autre personne que j’ai compris… Alors, ma blonde ? Pas assez forte. Puis deux amis. Ma blonde et deux amis. Mes amis, ma blonde, mon voisin (qui est aussi un ami)… Pfffffffff, échecs à répétition. Le problème ? Le lit ne sera jamais assez grand. D’ailleurs, à la dernière tentative, j’ai invité tout ce monde à coucher et définitivement, 6 dans un lit de reine, ça ne dort pas bien du tout…

Qu’est-ce qui fait donc que je sois à l’envers ce matin ? Je reviens au : «rien pour écrire à sa mère»… trois mois déjà qu’elle est partie pour un monde, je l’espère, meilleur. Et depuis, quelques journées où le sommeil ne s’est même pas glissé dans mon lit (je l’aime tellement, ce sera le mot clé de ce texte faut croire : LIT). La literie n’est pas souvent froissée, elle ne se plaint pas trop dans ces temps où je suis absent…

Sérieusement (on va y arriver), j’ai passé un été ordinaire. Faire un deuil, je ne connaissais pas ça moi. On fait ça comment ? On pleure ? Je l’ai fait, en masse. On parle tout seul en se disant que la défunte nous entend ? En masse aussi. On se dit que le temps fera son œuvre ? J’attends que ça se fasse.

Un vieux pattern qui dormait en moi s’est donc réveillé d’aplomb. Je lui ai dit : «tant qu’à faire de l’insomnie, join the club». Je me suis isolé bien comme il le faut. J’ai arrêté mes activités… golf, musique : 2-3 parties en 2 mois, aucun show. Même pas de grattage de guitare ou de pianotage sur un clavier. Parlant de clavier, mon dernier texte, ici, date du 18 juillet.

Ouais, je me suis mis à déprimer, une autre fois. Quand même pas 24 heures sur 24 durant tout l’été là. Ben heille, quand même ! Mais… pas loin ! Depuis décembre, je me faisais un devoir d’aller me faire masser à toutes les deux semaines : pour mon plaisir, pour mon bien-être, parce que j’avais décidé de prendre soin de moi et ça m'aidait grandement à me sentir bien. Même chose que pour le reste la massothérapie : on s’en est passé, genre d'auto-sabotage de bonheur. J’ai tout donné ce que je pouvais, pour m'assurer de faire avorter toute chance d’aller mieux quand je ne vais pas bien. C'est ça le fameux pattern. Dépression ? Écoeurantite aigüe ? Manque de power ?

…Je viens de voir 7 octobre, 7 heures 07 dans le bas de mon écran de portable… Billets de 6-49 à m’acheter aujourd’hui : top listé. «Cette pause vous est offerte par Loto Québec.»…

Je suis allé voir mon médecin, qui est une médecine en fait. Le 4 septembre, ouais… Elle m’a prescrit du Seroquel XR (qui se libère pendant 24 heures) pour que je le prenne avec mon Rivotril et mon Effexor, question d’avoir un beau petit trio qui me soutienne et me redonne vie. Et elle m’a revu le 2 octobre pour voir comment ça allait. Et bien, je vais vous l’écrire comme je lui ai dit : «j’ai recommencé à sortir docteur ! Ouais ouais. En deux semaines, j’ai joué 5 parties de golf, dont un beau 74. (Elle joue au golf et elle a agrandi ses yeux, jalouse je crois). Je suis en train de m’équiper pour monter un duo, c’est-à-dire, monter des séquences (drum, basse, brass, strings…) pour qu’un guitariste et moi jouions avec elles et fassions danser les gens. La musique docteur, j’aime ça et je dois en faire. Jouer, je dois jouer docteur. Avoir du plaisir, m’amuser, sortir, faire du social, docteur !» Et blablabla…

Tout ça et bien des détails que j’oublie sûrement. J’ai parlé un bon 15-20 minutes sans l’entendre, comme si j’étais seul et que je me parlais à moi-même. Mais elle était là, je le sais. C’est un peu elle qui a mis fin à mon monologue. Elle a ri, d’un bon rire, vrai, sincère et assez fort pour que je me rappelle que je n’étais pas seul. Sans qu’elle ne dise rien, ma perception de son non-verbal m’a laissé croire qu’elle était contente que j’aille bien OU qu’elle trouvait que j’avais la parole facile pour un gars qui braillait sa vie un mois plus tôt. Peu importe, elle riait ! Et, checkez ben ça, elle m’a dit : «vous savez, en juin, vous m’aviez parlé que vous aviez un blogue ? Je suis allée lire quelques textes et j’ai bien aimé votre façon d’écrire. Je vous verrais écrire un livre, un roman, quelque chose qui vous ferait du bien, qui parlerait de vous… peut-être un peu romancé. Ça pourrait vous faire du bien, qu’en pensez-vous ?»

Qu’est-ce que j’en pense ? Une médecine qui dit à une pharmacie ambulante qu’elle écrit bien et qu’elle devrait peut-être se mettre à écrire un livre ? Je lui ai demandé un crayon et du papier. Quand elle m'a tendu son pad de prescriptions, je lui ai répété que j'allais bien. Bon, je me suis calmé un peu, avant qu'elle n'ajoute une autre pinune… Mais j’ai ajouté cette activité la nuit suivante, incapable de dormir tant j’étais hyper (à lire en anglais SVP). Full adrénaline, en bon français. De 10 heures le soir à 6 heures du matin, une douzaine de pages. Pour ensuite monter m’habiller et aller jouer au golf à 7 h 30 (on a commencé une heure plus tard, les verts étaient blancs à 3 degrés). Puis, je suis revenu chez moi, me suis couché à 15 heures, en m’envoyant une bonne Seroquel en arrière de la cravate. Pour me lever le lendemain matin, tenez-vous bien… à 8 heures ! Oui, sérieux. Mes draps et ma douillette étaient sens dessus-dessous… en état de grande confusion, genre.

ÇA, c’est de la culbute madame !

7 h 33, il fait beau. Peut-être qu’il fera 18 degrés cet après-midi. J’attends qu’un ami en congé se lève, et je l’appelle pour aller jouer au golf. Sûrement que je vais écrire à mon amie massothérapeute pour prendre un rendez-vous. Appeler ma fille, ça c’est sûr. Mon guitariste pour booker une pratique…

Sortir, m’amuser, jouer (sport, musique…) écrire, être bien… Aie-je besoin de vous préciser que j’ai, ce qu’on appelle, un trouble de personnalité limite et que je fais de l’anxiété sévère généralisée ? ET que je vais très bien ce matin ? Mon pattern d’isolement est passé, je l’espère, pour des mois et des mois, Amen !

On repassera pour la prise 144… parce que j’ai une vie à vivre, aussi bien la vivre à plein temps !

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Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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6 Commentaires

  1. Content de te relire mon Dan! Je suis aussi content de voir que ça va bien pour toi en ce moment et que tu as le goût de sortir de chez toi pour t’amuser…et profiter!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci mon ami Karel. Content que tu me lises et me laisses ce beau commentaire. Finalement, le mot du jour sera content ! 🙂 Salut et un beau salut à ta superbe famille.

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  2. Les paroles s’envolent mais les écris restent et ce sont les meilleurs thérapies du monde!
    Lâche-pas mon Dan!

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci Léa ! T’as raison sur toute le ligne. Pour ce qui est de la deuxième ligne, je lâcherai pas,certain, haha… 🙂

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  3. Très belle écriture Daniel N et toujours plaisant de te lire et cela sans jugement. Merci

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Je te remercie beaucoup Solange ! 🙂 Je prends ce p’tit mot avec un grand plaisir.

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