Suis-je écrivain ?

Suis-je écrivain ?

La maladie des écrivains ? Impossible que je l’aie contractée. Car pour en être atteint, il faut avoir déjà écrit un livre et être incapable de commencer le deuxième. C’est ce que j’ai lu. Le syndrome de la page blanche ? Ah ! Ça me parle et en même temps, ça me fait peur. Peut-être que je me mets trop de pression ?

Depuis des années, voir des dizaines, j’ai toujours eu le goût d’écrire. Et je l’ai fait. J’aimais quand c’était le temps d’écrire un texte en français à l’école. Je me souviens que mes meilleurs étaient ceux que j’écrivais dans la plus pure spontanéité. Un jour, un enseignant nous avait mis de la musique et nous avait demandé, pendant 15-20 minutes, d’écrire sur ce que nous ressentions. Je ne me souviens absolument pas de ce que j’avais pu écrire, mais je me rappelle que cet enseignant m’avait demandé la permission de lire mon texte devant la classe, parce qu’il l’avait aimé.

Au secondaire, j’avais fondé un journal étudiant avec des amis. Mon besoin d’écrire était comblé. Puis, à l’Université de Montréal, je fondais, avec 3 autres étudiants, Carpe Diem, le journal de l’Association Générale des Étudiants et des Étudiantes en Éducation (AGÉÉÉ). J’écrivais régulièrement dans ce médium de communication.

À travers tout cela, j’envoyais des lettres dans les journaux et on me publiait : journal de Montréal, La Presse, un hebdo de la Montérégie… Un événement auquel j’assistai, un accident avec mort, me fit écrire au poste de la Sûreté du Québec. Question de féliciter la policière qui était sur les lieux de ce triste accident. Elle a demandé à me voir, elle a soumis le texte à ses supérieurs qui m’ont à leur tour demandé de le faire paraître dans leur journal annuel.

Sur Facebook, j’ai écrit quelques-uns de mes états d’âme et certaines personnes me disaient que je devrais écrire plus souvent… J’ai alors commencé à écrire sur un blog que je me suis construit. Encore une fois, on me suggérait d’écrire un roman, en disant que c’était agréable de me lire, que je décrivais assez bien pour qu’on « voit » l’histoire. J’ai décidé, dans un moment d’excitation, de l’écrire mon roman. Je l’ai même fait savoir devant témoins sur Facebook, question de me donner le coup de pied au bon endroit pour réaliser un vieux rêve… Question de me mettre de la pression quoi !

Ça fait déjà quelques mois que j’ai fait cette promesse et une trentaine de pages ont été écrites en quelques heures, au début. Depuis ? Rien, rien du tout. Et je suis devant mon écran à noircir la page blanche de ce que j’ai fait en écriture jusqu’à date : « Bravo Dan, t’es bon, haha ! »

C’est drôle, hier j’ai commencé la lecture d’un roman de 618 pages et ça m’a fait peur. En même temps, j’y ai trouvé un peu de réconfort, me sentant moins seul dans cet état presque végétatif devant mon écran. Dans ce roman, l’histoire est celle d’un écrivain qui n’est pas capable de commencer son deuxième roman. Une longue année et demie sans pouvoir écrire. Et il « fuit » de toutes les façons possibles la réalisation de son contrat, car il avait déjà écrit un roman qui avait connu un énorme succès. Ma peur de devoir écrire un roman de 600 pages (est-ce obligatoire ?) et le fait que je rencontre son personnage terrifié devant l’obligation de rendre un travail qu’on lui avait commandé.

J’ai toujours été un peu rebelle quand on voulait m’imposer quelque chose. Imaginez maintenant que je m’impose à moi-même l’obligation d’écrire : doublement rebelle le gars.

Le soleil vient de passer à travers les nuages et il me frappe de ses rayons chauds, je me sens bien. J’aurais envie de me coucher en petite boule sur le plancher là où un grand lit d’éclairage se dessine. La moindre petite distraction me donne le goût d’arrêter d’écrire ou me fait écrire spontanément, ma façon habituelle de coucher les mots sur le papier. Arriverai-je à assembler des mots, à créer des structures de phrases, paragraphes, chapitres ? Autrement que par la spontanéité ? Hum… Le doute s’empare de moi.

Pendant que j’écris, Facebook est ouvert et je vais jeter un coup d’œil de temps à autre, question de me distraire de ce que j’ai à faire, encore une fois. Pas facile de rester concentré sur une tâche imposée ! Au risque de me répéter…

J’ai lu qu’on ne sait pas si on est écrivain, que ce sont les autres qui nous font remarquer qu’on en a la fibre. Alors j’écrirai en croyant que mes amis ont vu juste. Allez hop ! J’ai un roman à écrire, je ne connais pas la date d’expiration de ma vie, aussi bien commencer aujourd’hui…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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1 Commentaire

  1. Bravo comme d’habitude tu transmets bien ton état d’âme, assez que je vois bien ce film que tu écris.
    Continues mon ami, j’aime te lire.
    Ton roman sera probablement un très beau film dans ma tête, j’en suis convaincu.
    Lâches pas

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