Tempête de neige, je t’aime

Tempête de neige, je t’aime

J'adore les tempêtes de neige, quand la poudrerie dirige la circulation des flocons qui ressemblent alors au vol des papillons. Tantôt ils montent vers le ciel, de gauche à droite et vice et versa, mais ils finiront par descendre sur terre. Et dans un tourbillon qui ne s'essouffle pas, ils prendront la direction d'un abri du vent, probablement dans un amoncellement au pied de la haie de cèdre qui entoure mon territoire près du fleuve...

Elles me rappellent quand nous étions jeunes et que, dès l’apparition de la neige qui se dispersait follement, nous sortions un à un de nos chez-nous pour aller la voir tomber dans nos yeux, puisque nous regardions le ciel. Nos joues devenaient rouges et froides presque instantanément. Nos mitaines attrapaient quelques petits flocons et nous les comparions afin de nous assurer qu’il n’en existait pas deux pareils…

Nos parents tiraient les rideaux pour nous voir jouer au hockey dans la rue, la plupart du temps. Rien ne nous aurait empêchés de pratiquer notre sport préféré l’hiver. Pas même une tempête qui venait rapidement faire monter le niveau de notre terrain de jeu. La balle se perdait de temps en temps dans le blanc immaculé de cette nouvelle bordée.

Nous regardions vers les lampadaires, c’est là que nous nous rendions compte de la vélocité des vents, la neige tombant à l’horizontale.

Personne ne se plaignait, même si nous devions passer les «scrappers» assez souvent. Nous nous relayions pour effectuer le travail et pour faire durer la partie jusqu’à ce que nos parents nous rappellent qu’il y avait un couvre-feu qui nous était imposé…

Personne ne traînait de mouchoir dans ses poches et nos petits nez morveux finissaient par être ramassés par nos mitaines.

Rentrés dans nos demeures, au chaud, on sentait nos joues devenir chaudes, voire bouillantes tant qu’à y être et là on reprenait notre souffle et on retrouvait la satisfaction d’avoir affronté les éléments et d’avoir donné le meilleur de nous-mêmes.

Et nous enfilions nos pyjamas, mettions nos pantoufles à nos pieds et le chocolat chaud venait mettre la touche finale à ce qui avait été une soirée formidable…

Encore aujourd’hui, présentement, je regarde dehors, comme les parents le faisaient, mais je ne vois personne sur la route tout près du fleuve.

Dans la sorte de brouillard que me donne l’impression d’être, la poudrerie, je nous imagine sortant un à un, à la lumière sous les lampadaires… Je vois chacun de nos habits de neige, nos tuques à pompons, nos grosses mitaines et nos bottes de ski-doo qui traversent la ligne qui démarque ce que je vois de ce que je ne vois pas et les braves kids de 8-10-12 ans que nous étions, commencent une partie… sans moi.

Nostalgie ou sont-ce les forts vents qui me ramènent en arrière ? Je ne sais pas, mais j’aime encore ces tempêtes, de par la fenêtre…

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

Partager cet article sur

2 Commentaires

  1. Bravo Dan, encore une fois un bon texte, je te trouve chanceux d’avoir des souvenirs qui montent seuls. Je suis jaloux de toi car moi des souvenirs j’en ai pratiquement pas pour ne pas dire aucun. Si quelqu’un me parle de certains moments qu’on aurait vécu ensemble là ça me revient mais de moi-même j’en ai pas vraiment.
    Content de t’avoir lu aujourd’hui. Continue j’aime te lire et certains de tes souvenirs m’en ramènent car on en a en commun mon cousin. Merci Dan

    Laisser une réponse
    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci pour le bravo Ronny ! Peut-être n’as-tu pas de souvenirs parce que tu les as toi-même effacés de ta mémoire ? Y a certaines périodes de ma vie qui sont plus difficiles à «aller chercher»… Merci de me lire. 🙂

      Laisser une réponse

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *