Test, one two…

Test, one two…

Il est 22 h 49. Je n’ai pas encore écrit mon texte pour cette journée qui a commencé il y a… 22 heures 49 minutes. Mes premiers mots, je viens de les écrire.

J’allais me coucher, en me disant que j’écrirais demain matin, en me levant. J’ai plutôt ouvert la télé et j’ai regardé pour une deuxième fois le film L’Illusionniste et je l’ai trouvé bon ce film. Beau et « Biel » 😉 Et je suis revenu vers mon portable, me disant que j’aurais peut-être de l’inspiration. Le genre ? On verra bien.

Quand je suis né, on m’a dit qu’une religieuse avait porté sa main sur mon front en disant que je serais soit un prêtre, soit un missionnaire. Et j’ai grandi en rêvant d’être ; tantôt un avocat, tantôt un journaliste, plus tard un traducteur ou un interprète, un musicien, un sportif…

J’ai reçu une éducation judéo-chrétienne, où j’ai appris du par cœur et j’apprenais très bien le par cœur. J’ai souvent ressenti le besoin de me justifier, me sentant coupable de tous les péchés du monde. Jamais je n’étais satisfait de ce que j’accomplissais parce que j’étais perfectionniste.

À l’école, on me disait surdoué. Lorsque je faisais du sport, j’apprenais vite, par cœur, comment performer. Lorsque je prenais un instrument de musique, j’en faisais sortir des sons tout de suite ; qu’il soit à vent, à corde ou clavier, je réussissais à jouer des airs connus, à l’oreille. Je faisais des chansons, très jeune, composant les paroles et la musique…

J’ai été décrocheur au secondaire parce que je n’aimais plus l’école. Je réussissais, le temps d’avoir les notes pour passer, style 95-80-60-20 dans mes bulletins et je calculais pour savoir combien j’aurais besoin d’avoir pour passer. Juste passer. Et je me laissais enivrer par les mots lus et écrits, puis par la boisson et la dope. Dans le sport, je commençais toujours fort et quand je sentais que j’avais accompli quelque chose qui ME satisfaisait, je diminuais les efforts et m’éloignais avec les mots et la boisson, la dope, la musique… Je ratais des parties importantes, celles que j’aurais le plus voulu disputer, comme pour me faire du mal à moi-même on dirait. Je laissais tomber mes coéquipiers et mes instructeurs en espérant qu’ils me haïssent, pour que ça me fasse du mal. J’ai souvent répété ces comportements dans mes relations amoureuses et amicales ; j’étais aimé et plus le temps avançait, moins je m’impliquais et on finissait par me laisser en me disant que les débuts de nos relations étaient magiques, qu’à la longue, on se rendait compte que je ne faisais rien pour garder la flamme allumée. Une phrase imagée qu’on m’a dite :  « Toi Daniel, quand je t’ai rencontré, c’est comme si je voyais un beau bateau accosté prêt à faire un beau voyage et plus le temps passait, plus je me demandais si j’allais mettre les deux pieds dans ce bateau, je sentais que je perdais l’équilibre… » Et moi, je retournais boire et me geler, pleurer ma vie, en solitaire, renfermé sur moi-même…

Puis j’ai commencé à piquer des crises, à me battre, à crier après les autres, parce que j’avais un immense mal de vivre. J’ai fait de la peine et je voulais donner l’impression que je n’avais rien à foutre de cette peine que je faisais vivre aux autres. Ainsi faisant, je souffrais encore plus, en bon masochiste. Faire du mal aux autres pour m’en faire à moi-même, malade le gars vous pensez ? Ouais… Et la consommation grandissait et je devenais victime de tout. Je dramatisais ma vie… Je suis peut-être en train de le faire présentement, je n’en suis pas certain, je n’ai pas arrêté d’écrire et il est 23 h 23 (je ne tape pas très vite).

Je n’ai jamais laissé quelqu’un, on m’a toujours « abandonné »… Je me suis arrangé pour que ça arrive. Parce qu’en quelque part, j’ai toujours eu peur qu’on ne m’aime pas, et comme j’ai longtemps pensé que la meilleure défensive était l’attaque, je provoquais le rejet, avant qu’on me rejette. Pourtant, j’avais tout pour être aimé, me semble, ce qu’on m’a parfois dit en tout cas. Et je consommais, assez souvent et toujours pour fuir la réalité.

J’étais un peu bagarreur au hockey, personne ne me faisait peur. Mais j’avais peur de l’amour, peur d’être seul... Et je m’isolais et je souffrais, en silence, ne sachant pas pourquoi. Mal de vivre, moins sociable que j’en avais l’air en public quoi. En bon « extrémiste », très bien déséquilibré, j’avançais équipé de même, dans la vie que je n’aimais pas plus qu’il le faut : besoin d’amour, peur de ça, tout faire pour ne pas en recevoir, en donner le plus que je pouvais, l’enlever, le perdre, me faire du mal. On ne joue pas avec l’amour, faut que ça soit vrai.

J’ai compris, en grandissant, que PERSONNE ne m’a jamais fait du mal, j’étais LE champion dans l’art de me faire du mal. Je me suis proclamé auto-saboteur de bonheur professionnel ! S’il y avait eu un salaire pour ce « métier » que j’ai pratiqué, je serais sûrement riche à craquer.    

Médicamenté, suivi en psychiatrie externe, en consommant de la boisson, en fumant du tabac de musicien et en me mouchant à l’envers avec des pellicules du Diable. Je renfonçais de plus en plus dans la solitude avec mon TAG que je n’acceptais pas. Jusqu’à ce que j’essaie de « m’en aller », le premier septembre 2011. Et puis, trois ans de thérapie, une fois par semaine : 135 fois (on arrondit là) à jaser avec le même homme, qui m’a fait un bien énorme. Sevrages difficiles, mais bienfaisants à la longue. Parce qu’on m’avait ajouté d’autres sortes de pilules après le départ raté, question de m’enlever les grosses émotions…

Un petit-fils qui vint au monde le 22 novembre 2012. Un des plus beaux jours de ma vie. Voir ma fille et son enfant dans ses bras, à peine une demi-heure après qu’elle lui eut donné la vie ; fatiguée, mais tellement belle et souriante. J’étais allé me recueillir et remercier la vie, sur le bord du Lac-Mégantic juste avant qu’elle accouche. 22 novembre et il faisait 17 degrés, un soleil et un ciel bleu, mur à mur. M’en rappellerai toujours. Comme un espèce de réveil, passant du rôle de père à celui de grand-père. Une nouvelle vie ! Et 9 mois plus tard, c’était à mon tour de venir au monde. Une autre fois, mais cette fois-ci ce n’était pas en état de siège (c’est de même que ma mère m’a mis au monde). Ce coup-ci, c’est en état de grâce et j’ai décidé que j’en avais assez de mon ancienne vie. J’ai décidé d’arrêter de consommer, le 18 août 2013, d’un seul coup, après avoir demandé de l’aide (nouveauté pour moi).

Puis, avec une ouverture d’esprit plus grande, je me suis joins à des personnes qui souffraient aussi. J’ai ouvert mon cœur, pour la première fois de ma vie, j’en suis certain, parce que je l’ai senti pour VRAI ! Fin janvier 2015…

Où je veux en venir avec tout ça ? Aucune idée, je ris tout seul, me demandant si je serais assez brave pour vous laisser lire ça, comme ça, sans rien changer… Pas un seul mot qui bougerait, pas de changement de phrase, pas d’enjolivement. Je viens de m’arrêter 1 minute… 23 h 43

Ah ! Je disais, au début, qu’on me prédisait un avenir de missionnaire. C’est drôle, mais en tant qu’enseignant, je crois sincèrement que j’ai quand même réussi une certaine mission : donner de l’amour aux jeunes en difficultés d’apprentissage et/ou de comportement, en leur apprenant de la matière scolaire en même temps. J’ai donné de l’amour autour de moi, malgré mes longues périodes d’isolement volontaire. En musique comme dans le sport, les gens m’ont souvent donné l’impression que j’étais quelqu’un, même si au fond de moi je me sentais trou duc un peu, pas mal… Je sais pourquoi, mais je n’irai pas dans cette direction quand même, un peu d’intimité, héhé…

J’ai donné de l’amour, je n’étais pas capable d’en recevoir. Mon mal de vivre, c’était ça. Le cordonnier mal chaussé, genre ; aider les autres, mais n’essayez pas de l’aider. J’étais mal arrangé, de même. Mais depuis que j’ai ouvert mon cœur, en janvier dernier, je peux dire que je me sentirais prêt à aider qui aurait besoin de moi. J’ai un sourire pas mal permanent depuis 6 mois, ça fait du bien.

Bon, que ferai-je ? Vous laisser ça comme ça, sans me justifier à tour de bras, ce que je fais souvent ? Sans me demander si ça fait du bien à quelqu’un, si ça fait sourire quelqu’une ? Si on me jugera ? Je dirai juste que ça me fait du bien de ne pas chercher à mettre des fioritures. Sans chercher à être aimé, je me nourris bien de ce côté, moi-même, MAINTENANT.  

Dites-vous que ma vie n’a quand même pas été un enfer ! Sans avoir relu, j’ai l’impression que le texte pourrait être lourd. Aujourd’hui, je ne regrette rien, je suis bien. Je relirai tantôt, en me levant, sur mon blogue tiens… Je vous souhaite la journée, la semaine, le mois, l’année, la vie dont vous avez besoin, dont vous avez envie. Il est 0 h 00, une heure onze (1 :11) PILE d’écriture sans arrêt. J’aime ces chiffres pareils Je vais aller en griller une.

Je viens de relire, finalement. Je sais que ça peut avoir l’air difficile comme vie, mais je n’ai relaté en gros, que certains passages sombres de ma vie. Ne sentez pas de la peine là, haha… J’en n’ai absolument pas. Pour moi, c’est aujourd’hui qui compte. J’aurais pu écrire les bons moments de ma vie et le texte aurait été 10 fois, minimum, plus long. Vous êtes chanceux finalement. 🙂

Oh que je n’ai plus du tout envie d’être rejeté ! Ces patterns malsains, je les ai changés. Vous avez lu les bouts moins éclairés de ma vie. Mais par chance, ça n’était pas 24/24, 7/7… Je vous aurai présenté un côté de moi, sans petite morale du jour, sinon que : c’est avec ce que j’ai fait que je suis devenu celui qui vous écrit et c’est correct comme ça. Je m’arrange très bien. Bon, j’envoie de même pis au diable la culpabilité ! Thérapie par l’écriture coudon…

Mon TAG ? Trouble de la personnalité limite, avec anxiété sévère généralisée. Un jour, j’essaierai de bien vous expliquer. Si ça peut aider j’aurai comme, genre, style, réussi une petite mission quoi ?!

Le missionnaire, hahaha… Souvenirs…

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Images de Stephen Shaheen

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L’ADN, je l’ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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2 Commentaires

  1. SALUT DAN… Quel plaisir de te lire ce matin avec mon petit café seule et tranquille pour une fois…. Merci pour ce partage, tu es très authentique donc ne change surtout pas vas y avec ton coeur comme tu le fais déjà si bien…Mais avoue que ça serait un foutu beau ROLLO… N’ai crainte j’ai aucune pitié car on a la vie qu’on a choisi d’avoir comme l’expression le dit nous sommes l’auteur de notre vie…au moins tu vas de l’avant et comme dit une autre expression: « On ne peut pas rattraper le temps perdu mais on peut arrêter de perdre son temps » tu es heureux et ça se voit donc félicitations pour ce beau cheminement…Finalement… par tes gestes,tu es un très bon missionnaire tout comme mère Térésa qui disait  » Ne laisse jamais venir quelqu’un à toi sans qu’il ne reparte mieux et plus heureux » bon samedi mon ami et Decolores… xx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Salut Maryse ! Quel plaisir de te lire en revenant d’une ronde de golf désastreuse, haha… 🙂 Y a quelques années, j’aurais été déçu de mon match, donc de moi, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. J’ai passé du beau et bon temps avec des amis, à pratiquer un sport que j’aime, quoi de mieux ? Personne d’autre que moi n’a frappé ma petite balle blanche. Et comme tout bon humain, j’ai été assez, pas mal imparfait ce matin.

      Merci beaucoup pour tes beaux mots et je retiens, entre autres, que tu n’as pas pitié de moi. Merveilleux, car je ne fais pas pitié et je ne cherche pas à avoir l’air piteux. Je suis content que ma spontanéité t’aie rejointe. À un de ces 4 mon amie, je te souhaite plein de matins tranquilles. xx

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