Trouver sa voix

Trouver sa voix.

Et si «trouver sa voix» c’était aussi «trouver sa voie» ? Parce que, avoir une voix et être capable de bien s’en servir dans plein de sphères de sa vie, ça peut être ça la vie…   

Déjà tout petit, on se fait dire de se taire quand on parle et que les grands jugent que ce n’est pas à propos. On se fait traiter de peureux si on dit qu’on a peur de quelque chose. Comment ça pourrait être autrement, un nom et son adjectif dans la même phrase ? Ça aurait pu être différent, si on avait pu me dire que j’avais le droit d’avoir peur, mais que ça ne devait pas m’empêcher d’avancer. Me semble en tout cas, aujourd’hui quand j’y pense…

Qui n’a pas déjà entendu : «tu parleras avec les grands quand tu seras assez grand…» ? Moi, je l’ai entendu trop souvent. Me semble qu’on aurait pu essayer de m’expliquer. J’aurais été tenté de comprendre. Ça n’appartient à personne d’autre que moi, de savoir si je comprendrai ou pas… Non ? Ça aurait dû toujours m’appartenir, me semble, aujourd’hui quand j’y repense…

Quand quelqu’un chante et qu’on lui dit qu’il chante faux et qu’il n’a pas de talent, est-ce qu’on lui donne le goût de réessayer même si c’était pour son propre plaisir ? Personne n’est obligé d’offrir la performance d’un professionnel pour réussir dans un autre domaine de la vie. C’est pareil, je trouve, quand on ne laisse pas s’exprimer une personne qui veut juste parler, qui veut juste s’exprimer par écrit ou par le dessin, la photographie. On devrait tous avoir le droit d’essayer des choses sans avoir peur d’être jugé selon des standards que l’on n’a pas à tenir compte, quand c’est juste pour se réaliser et se dire qu’on a réussi à le faire, bon ou pas. La voix, c’est chanter, écrire, dire, dessiner, prendre en photos, c’est une voie vers l’expression.

Depuis longtemps, la société est basée sur la performance et sur des résultats ; du jugement finalement. Et on a appris ainsi. Alors, quand il était temps d’aller faire un exposé oral en avant d’une classe, on se préparait à dire du par-cœur et à se faire donner une note ensuite. En se préparant ainsi, on essayait de trouver le moyen de s’en sortir si on oubliait des bouts et la peur apparaissait. On aurait pu se préparer, oui, mais à livrer notre message parlé ou chanté, en sachant qu’il y aurait toujours des impondérables et que c’était correct. Et qu’à la fin du discours, on eût été content de l’avoir fait, point à la ligne. 

Me semble que ça donnerait plus le goût de répéter l’expérience, sachant qu’à chaque fois, on n’arrivera pas dans le même état que la dernière fois, que personne ne sera dans le même état, que les possibilités que ça ne soit pas parfait soient là… Moment présent, préparé oui, mais en y allant le plus spontanément possible. Et être fier de l’avoir fait !

Créativité, pro-activité, confiance en soi… des mots qui ne nous ont pas été très souvent montrés, me semble.

Comme c’est agréable de sentir des petits papillons avant d’aller dire à une fille qu’elle nous plaît. Mais si je pars en me disant : «si elle dit ceci ou cela», je ne serai pas très présent pendant cette révélation à l’autre et ça risque de faire de moi un idiot aux yeux de l’autre, des autres et la peur, encore. Bafouiller, mais arriver à dire ce que l’on a à dire, dans le moment présent, risque d’être mieux même s’il y a des rires et de la nervosité. Ne pas se sauver pendant que la peur est là, ce n’est pas ce que l’on souhaite tous ? Foncer avec nos peurs, notre nervosité, nos incertitudes. 

En musique, ce qui est le plus beau, à mon avis et selon celui de bien des musiciens, ce sont les silences entre les notes. Quand on parle avec une autre personne, ces silences sont aussi beaux, même, si à prime abord, ils nous paraissent insupportables. En toute spontanéité, il se passera toujours quelque chose. Être trop bien préparé d’avance tue la créativité…

Tout le monde veut parler, se faire entendre, partager, se faire accepter, aimer... Que ça soit l’enfant avec ses parents, son enseignant, son coach dans le sport, les autres de son âge… L’adulte qui veut s’exprimer dans une réunion, dans une foule, en parlant ou en chantant. Trouver sa voix, c’est être capable de la faire entendre dans le plus de domaines possibles de sa vie, de façon à être en harmonie avec ses valeurs et les autres. Le patron qui a une carrière respectable, a peut-être une vie de merde chez lui, parce qu’il n’a pas la même facilité à parler aux siens qu’à ses employés…

Ce qui m’amène à penser aux leaders de ce monde. Autrefois, jadis, y a pas si longtemps et même encore aujourd’hui, il y a des leaders qui dictent ou dictaient aux autres quoi faire, qui contrôlent (aient) alors et pour quiconque les côtoient (aient), c’est par la peur qu’ils répondent (aient). Est-ce que ça crée (ait) un environnement bénéfique aux échanges sains ? Je ne crois pas. Ce n’est pas le genre de voix que je veux entendre, moi.

Les leaders d’aujourd’hui (y aura moins de parenthèses), si on est le moindrement humaniste, sont ceux qui vont donner de l’énergie aux autres en partageant la leur. En retour, leur énergie grandira. Dans le sport, on voit de plus en plus de capitaines d’équipes qui le sont parce qu’ils donnent l’exemple sur le terrain de jeu et en dehors de celui-ci. C’est plaisant de voir un «modèle» qui réussit à faire ce que l’on voudrait faire, non ?

Si on arrêtait de juger ce qui est bien ou mal, bon ou mauvais et si on avait moins d’attentes sur des résultats x,y,z ? Si le seul critère de réussite était que la personne qui se sert de sa voix soit contente de l’avoir fait ? Ça aiderait sûrement plus de gens à trouver leurs voies, non ?

Créativité, pro-activité, confiance en soi… des mots qui ne nous ont pas été très souvent montrés, me semble. 

NOTE : texte inspiré après avoir vu une vidéo du Suédois Per Bristow, coach de... voix. Intéressant le monsieur, très inspirant. Si vous voulez l’entendre, en anglais : entrevue de 52 minutes. The Urban Monk  

Photo de Stefania Rossi, photographiste.

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

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2 Commentaires

  1. J’adore cet homme Per Bristow mais toi , je t’aime d’amour mon ami pour la vie !!! Ton texte est. trés inspirant tout autant que toi mon ami merci de nous partager ses mots!! Xxx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Allô mon amie pour la vie ! 🙂 Que je suis content de te lire ici. Merci pour les beaux mots qui font toujours plaisir de lire Nath. VA falloir se voir avant longtemps, c’est un ordre hahaha… Tu connaissais déjà Per Bristow, quelle belle découverte n’est-ce pas ? Je vais approfondir ma connaissance de ce coach de voix et merci encore d’être passée me lire. Ne te gêne pas pour me laisser un petit mot ! xx Je t’aime.

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