Une image…

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Je l’ai taquiné un peu hier, en le traitant de tout croche… de tout petit… de dangereux, à la limite…. J’ai dit de lui qu’il aurait pu porter un « nom de famille plus ordinaire », mais qu’on lui avait donné la chance de grandir avec un standing social plus élevé. Quand même, il me semble que j’ai aussi dit du bien de lui, non ? On l’a même aidé à grandir au cœur de la ville, en prenant soin de son apparence ; un peu de manucure de temps en temps, des soins quand même… Il me semble qu’on a été assez gentils avec. Et si mon texte le ridiculisait un peu, ce n’était pas méchant, je jure !

Il a pu grandir au cœur de la ville, même si certains diront qu’il était là bien avant qu’on arrive. Mais, on n’arrête pas le progrès. Dans l’temps, on aurait pu le réduire au silence, bien avant. Comme dans presque tous les centres-villes du monde… Hier, je l’abaissais au niveau du premier rang, le déclarant comme étant le plus laid (dans son genre) que j’ai connu de toute ma vie. Je le sais que ça ne se fait pas (dans tous les sens de la phrase) : « Abaisser au premier rang », impardonnable de ma part. Je te demande pardon, toi qui nous a permis de nous amuser pendant des générations…

Ouais, pour ceux et celles qui ne m’ont pas lu le 27 mai, je parlais du Champ de Golf de ma petite ville natale. 

Qu’est-ce qui me prend ce matin, d’écrire de cette façon ? Si j’écris plus tard que d’habitude, c’est que j’ai perdu la notion du temps. Je suis comme tombé dans la lune, plusieurs heures. J’aime pas faire de la médisance, j’en ai un peu fait hier. J’ai repensé à lui cette nuit… Et je me suis rappelé de tout ce qu’il a pu faire pour moi, pour plein d’autres personnes de mon coin de pays. Ce champ où nous jouions au golf, il nous a aussi servis de toutes les manières. Je disais hier, qu’au golf, on avait toujours les pieds de travers, tellement il était en pentes ce champ (oui, pentes au pluriel, bon). Mais l’hiver, ses pentes, nous les aimions parce qu’elles nous permettaient d’aller glisser. Nous étions bien dans ses côtes enneigées.  Combien de pêcheurs sont allés ramassé des vers de terre, sur son dos ? Quand on descendait la rue Du Moulin, en été le soir, on voyait des flashlights un peu partout. De l’activité, jour et nuit. Été comme hiver.   

Je sais qu'il faut avancer, mais y a des ces photos, de ces jours où on reculerait dans l'temps. Car, je vais le dire, l’élément déclencheur de tout ce que j’essaie d’exprimer, aujourd’hui… c’est une simple photo. J’avais écrit hier, que le terrain avait fermé ses portes et qu’on allait changer sa vocation. Qu’on allait lui enfoncer, à grands coups de pelles mécaniques, les fondations d’un nouveau quartier… Et bien, en allant déposer mon article aux portes de ma ville, hier, j’ai vu une photo qui ne laisse plus aucune place au retour possible du golf à Windsor Québec. Je sais, je sais… On n’arrête pas le progrès, on n’empêche pas l’agrandissement de la société. Presque plus personne n’allait frapper la petite balle blanche sur le dos de notre majestueux terrain (mes mots changent ce matin). C’est correct, je n’en veux à personne…

Mais dans ma tête, résonnent encore le son des crampons de métal sur le tapis caoutchouté dans le club house. Mes oreilles entendent encore le piano, mal accordé, qu'il y a avait dans la grande salle en sortant du vestiaire : mes amis me demandaient de jouer dessus et je le faisais. C'était notre break entre 2 neufs. Cette salle qui a servi pour des banquets, des remises de trophées. Des showers, des noces ; celles de ma sœur (journée où les Lapierre avaient joué 2 trous avant le souper parce que ce sont des maniaques, mon père le premier, ben sûr) Ma sœur avec sa robe de mariée sur le terrain : des fous du golf j'vous dis. J’ai encore des photos que je n’oserai pas regardé aujourd’hui. Nostalgique un ti-peu.

Le golf, le tennis, le curling, la glissade, la préparation à la pêche…

Je me souviendrai de la dernière fois où j’ai foulé le terrain de golf. Fin août 2012… Mon cousin Luc Parent avait organisé une petite fête de golf, pour les 80 ans de mon père. Réunissant plusieurs personnes, il y avait un concours de drive, un concours « spécial » de putting… Plusieurs membres de la famille Lapierre, bien sûr, plusieurs personnes que j’avais vues sur ce terrain, des années auparavant. Des sourires échangés, des retrouvailles… Des poignées de mains… Probablement la dernière poignée de gens qui se réunissait sur ce champ de golf. Je ne m’en rendais pas compte ce jour-là, malgré que je trouvais qu’il avait les cheveux longs pour un p’tit vieux… Sa mort, j’aurais dû la sentir ce jour-là, il me semble ? Non, la mort ne m’a jamais frappé de près, j’ai à apprendre j’imagine. Mais je ne suis pas pressé, passez le mot.

Aujourd’hui, j’aurai un deuil à faire. Mais, pour bien le faire, je tiens absolument à te demander pardon. Pardon d’avoir tenu des propos peu élogieux sur toi hier… Tu sais que je suis un blagueur, dis ? Je retournerai te voir, sous l’asphalte je t’imaginerai. Sous les maisons, mes yeux du passé te verront cracher quelques mottes que je t’aurai enlevées, le temps d’un élan. Que j’aurai replacées aussitôt fait, parce que j’ai eu un grand, un énorme respect pour ce que tu as fait pour nous, à Windsor Québec.

Tsé quand j’ai écrit, tantôt, qu’on t’avait donné la chance d’avoir un standing social plus élevé… Je m’en fous du standing social sérieusement. C’est TOI qui a su faire ta place par chez nous, une belle grande place. Pas loin de chez nous et même chez nous, on t’avait affecté d’un petit surnom, même si ça pouvait avoir l’air un peu moqueur, moi je me souviendrai de toi comme Le « Royal Windsor ».  

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Je suis sincèrement triste de te voir partir… J’espère qu’il te laisseront quand même respirer un peu à travers leurs rues et leurs bâtiments. Qu’ils planteront quelques arbres que tu nourriras. Des fleurs, des jardins… Pour que tu ne meures jamais… Adieu…

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N.B. : J'ai pris des photos sur Facebook (Windsor Québec). Photos de Messieurs André Charette, Rosaire Bachand et Richer Talbot. Trois hommes qui en font beaucoup pour qu'on se souvienne de l'histoire de cette municipalité. Sans leur demander permission, je devais pondre quelque chose et leurs images m'ont inspiré, je leur dis merci d'accepter que je les publie ! 

Daniel-Nicolas Lapierre

Auteur: Daniel-Nicolas Lapierre

L'ADN, je l'ai reçu, comme tout le monde a reçu le sien. Mon ADN, je le partage avec le monde, le mien. Ajoutez le vôtre !

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6 Commentaires

  1. Aow!
    J’ai les yeux remplis d’eau tellement ce texte est magnifique. C’est d’une profonde nostalgie, sincère et touchant….Merci xx

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Ah ! Ma blonde qui est émue par ce que j’écris. C’est bien le seul texte que tu n’aies pas lu avant que je le poste ! Haha… Ému que ça t’émeuve. Plaisir de lire ton p’tit mot ici, moi qui en lis à tous les matins, sur l’îlot. xx 😉 Merci !

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  2. Moi aussi je suis resté surpris de ne rien lire ce matin avec mon café. Là tu te reprends,
    Tu es tout pardonné. Moi qui ai connu ce terrain surtout pour les green le soir avec les flash light à la collecte des vers de terre pour un lendemain de pêche. Pour ses glissades aussi, les plus dangereuses les 3 côtes du côté rue principale presqu’au coin du Moulin. On a fini souvent dans sur la rue principale pour cause de perte de contrôle ou pas freiner assez vite.
    Au nom du club de golf je passe l’éponge Daniel.
    Au plaisir de te relire
    Ton cousin qui aime le gars qu’il redécouvre.

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Merci, pour ton pardon et celui du club de golf. T’as un grand coeur, je l’ai toujours su. Tes souvenirs me disent que j’ai écrit des choses qui te parlent. J’en suis bien heureux ! Salut le cousin. 🙂

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  3. Dan,
    Justement, ce matin j’ai voulu lire mon texte journalier sur ADN mais, il n’y avait rien du jour…Zut!
    Je trouve que c’est lorsque tu as l’impression d’avoir fait une erreur que tu es à ton meilleur! Comme dans « Quand l’égo s’emmêle ». Fais donc d’autres « erreurs » J’aime vraiment ça!
    Sissi

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    • Daniel-Nicolas Lapierre

      Haha… Je suis vraiment désolé. Je ne savais pas que mes textes étaient attendus comme ça. Mais comme tu as pu lire, j’avais une bonne raison Sylvie.

      Je vais finir par faire d’autres erreurs, t’inquiète pas. 🙂 Merci !

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